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Keith Richards, mixed emotions

Chicago, New Orleans, Philadelphia, Houston… été 2019, les Rolling Stones repartent en tournée ! Après l’opération de Mick Jagger en juin dernier, à peine un mois plus tard, les Stones sont donc de nouveau sur la route pour la tournée No filter US. Les glimmer twins sont en pleine forme, au grand soulagement de leurs fans, dont je suis, ça ne vous aura pas échappé !

Il y a quelques années, on n’aurait pas parié un penny sur les chances de Keith Richards d’être encore sur scène en cet été 2019, soit à près de 76 ans, après des années d’addiction à toutes les drogues, à l’alcool et la cigarette. L’addiction des stars du rock, c’est évidemment un sujet récurrent, que les médias traitent le plus souvent sous l’angle de la vie trépidante et de l’argent facile. Keith Richards, lui qui se vante d’avoir enterré tous les médecins qui lui avaient prédit une mort certaine dans les six mois, raconte une histoire un peu différente.

Keith Richards et les Stones, retour dans les 60s

Keith se confia un jour sur les premières années des Rolling Stones, lorsqu’ils se déplaçaient d’une ville à l’autre dans une fourgonnette absolument hors d’état, gagnant à chaque concert juste de quoi passer la soirée et remettre de l’essence le lendemain matin dans le van. Leur rythme de vie était impossible à soutenir : arriver l’après-midi dans une nouvelle ville, prendre possession de la salle de spectacle pour installer le matériel, faire les balances, jouer à fond de 21h à minuit ou plus, puis démonter et ranger dans le camion…

Keith Richards années 60
Photo Dina Regine

Ensuite, après le concert, manger enfin, à condition de trouver un endroit pour vous accueillir à cette heure tardive, mais en général, il ne reste que les pubs à cette heure de la nuit, donc, on ne mange pas, on boit des verres, parfois beaucoup, en compagnie de quelques groupies avec qui on passe la nuit, et quand on va dormir au petit jour, il est presque l’heure de reprendre la route pour faire les 300 miles qui te séparent de la ville suivante.  « Un jour, quelqu’un te propose de la cocaïne et tu ne ressens plus la fatigue, tu peux tenir plusieurs jours sans dormir, alors… »

C’est aussi simple que cela, et cela commence toujours ainsi, un bénéfice immédiat qui va se transformer en enfer, celui de l’addiction. Et comme les tournées s’enchaînent, qu’entre chacune, il faut enregistrer, mais aussi faire la fête, (il a 25 ans à l’époque), la suite, c’est la dépendance.

Keith Richards et la cocaïne

L’addiction aux drogues dures, même si elle n’est pas une nouveauté du 20ème siècle, a pris une ampleur évidente dans les années soixante, et a causé la mort de nombreux musiciens, entre autres le tristement célèbre « club des 27 » (voir mon article sur Janis Joplin).

Keith Richards n’a jamais caché le fait qu’il s’est adonné à l’héroïne et la cocaïne pendant toutes ces années, depuis celles où la police londonienne faisait régulièrement des descentes chez les Stones, depuis son arrestation en 1967, jusqu’au moment où, revenu en Angleterre après s’être réfugié sur la Côte d’Azur avec le reste du groupe, il a continué à consommer. Il dit « je n’ai jamais eu de problème avec la drogue, je n’ai eu de problème qu’avec la police ». Humour rock’n roll et néanmoins très british.

Keith Richards souriant sur scène
Photo Jerzy Bednarski

Ce qui peut paraître incroyable, c’est de le voir aujourd’hui, presqu’octogénaire, tirant sur sa cigarette (il les allume les unes sur les autres), et montant sur scène avec la même vitalité qu’à l’époque de Satisfaction.

Je ne vais pas vous conseiller de suivre son exemple, il dit lui-même qu’il doit avoir un organisme de compétition et plaisante volontiers sur le sujet. En revanche, il se livre moins souvent sur les périodes de sa vie où la drogue l’a emporté sur tout le reste, sa vie familiale en particulier, dont il n’aime pas parler. La perte de son fils Tara à l’âge de 2 mois d’une mort subite du nourrisson, l’a marqué à vie. J’ai vu les Stones sur scène le lendemain de sa mort, aux Halles de la Villette à Paris, le concert n’avait pas été annulé, personne n’en a rien su mais Rolling Stone ne signifie pas cœur de pierre et le contrecoup a été d’une violence rare.

Keith Richards : mythes et légendes

Alors bien sûr, on en a raconté des histoires sur les excès et les travers de celui que beaucoup considèrent comme le plus grand rocker de tous les temps. En Angleterre, une vieille plaisanterie dit qu’en cas de guerre nucléaire, seuls survivront les cafards (ça c’est connu !) et Keith Richards (ça c’est possible !).

Il dormirait avec un pistolet sous son oreiller, il voyagerait avec des conserves de sheperd’s pie (sorte de hachis parmentier) car il n’aime manger à peu près que ça, il aurait sniffé les cendres de son père, il se ferait régulièrement changer intégralement le sang dans une clinique suisse…

Sur ses relations avec les autres Stones, il aurait contribué à éjecter Brian Jones (qui n’était pas un personnage particulièrement sympathique, c’est le moins qu’on puisse dire) et aussi Mick Taylor qui avait pris le devant en tant que guitariste solo après la mort de Brian.

Mais aussi, il aurait aidé Charlie Watts, le batteur, à sortir de l’héroïne, Charlie ayant eu la mauvaise idée de s’y mettre tardivement, alors que les autres étaient enfin désintoxiqués. Heureusement pour Charlie, cela n’a pas duré longtemps. Grâce à Keith ?

Avec Ron Wood, c’est une amitié indéfectible. Ronnie (fucking Ronnie Wood !) et ses facéties, son humeur toujours au beau fixe, c’est l’alter ego idéal sur scène comme dans la vie, alors qu’avec Mick, les choses sont plus compliquées….

Mick Jagger et Keith Richards
Photo Andrea Sartorati

Il n’aurait jamais pardonné à Mick Jagger d’avoir eu une liaison avec Anita Pallenberg, la mère de ses 3 premiers enfants, morte en 2017, qui n’avait jamais vraiment décroché de l’héroïne alors que Keith a arrêté en 1980 (il y a près de 40 ans donc !).

Il dit aussi « toutes les petites amies de Mick venaient pleurer sur mon épaule et moi je leur répondais, mais qu’est-ce que je devrais dire, moi, je ne peux même pas divorcer, je suis scotché avec lui ! » Leur relation a toujours été quelque peu conflictuelle, l’un (Mick) jugeant l’autre pas fiable en raison de ses addictions et l’autre (Keith), trouvant Mick trop bourgeois, trop attiré par les hautes sphères de l’aristocratie.

Et puis d’autres anecdotes encore :  il est tombé du haut d’une échelle en cherchant un livre dans son immense bibliothèque, il a failli brûler vif deux fois à cause d’une cigarette fumée au lit, il est tombé à nouveau, cette fois d’un cocotier aux iles Fidji pendant des vacances avec Ron Wood, qui ne boit pas non plus que de l’eau minérale.

Ce qui nous amène directement à Pirate des Caraïbes, film dans lequel Johnny Depp raconte comment le personnage de Keith Richards l’a influencé, au point que la production du film l’intègrera au casting pour jouer le père du capitaine Jack Sparrow, rôle qui lui va comme un gant. Deux légendes, deux images de « mauvais garçons » se retrouvent dans une taverne mal famée sur une île des Caraïbes, la boucle est bouclée. On les a vus ensemble récemment dans un restaurant indien du côté d’Epsom, le tandem ne doit pas être toujours fréquentable !

Keith Richards, plus grand guitariste du monde

Pour moi, évidemment, ça ne fait pas l’ombre d’un doute, mais j’admets que la concurrence est rude. Comme je ne suis pas musicologue, je ne pourrais pas analyser dans les détails ce qui fait l’intensité du jeu de Keith Richards, tout ce que je sais, c’est qu’il y a dans ses célèbres riffs le battement même du cœur du rock’nroll, cette musique qui a maintenant bien plus d’un demi-siècle alors qu’on lui prédisait une mort rapide (ça a bien failli arriver avec la bouillie musicale disco des années 80).

Keith Richards sur scène en 2006
Photo Patrick Baumbach

Pour les Stones, on a eu un peu peur quand même, quand, après Exile on Main Street, le double album composé à la villa Nellcôte en France, le tournant musical pris à l’initiative de Mick Jagger a fait un peu frémir d’horreur les fans. Mais c’était sans compter avec la force des racines musicales dans lequel le groupe puise son énergie, le blues, le country, le ryhtm and blues, et surtout le plus authentique du rock’n roll de Chuck Berry notamment.

Chuck Berry, qui était l’idole du tout jeune Keith Richards, et dont il portait religieusement un disque sous le bras le jour de la première rencontre avec Mick Jagger sur un quai de gare, les fans des Stones connaissent l’histoire. Et bien avec Chuck Berry, le courant n’est jamais passé sur le plan humain, alors que bien sûr, sur le plan musical, la filiation est évidente et revendiquée par les Stones. Curieux, non ?

Keith Richards, mixed emotions ?

Pourquoi Keith Richards m’émeut tant, j’ai un peu de mal à l’expliquer, car il a parfois des « sorties » plutôt brutales et volontairement choquantes. Peut-être pour la seule addiction qui lui restera jusqu’au bout, celle qui l’enchaîne à la musique. Peut-être pour sa capacité à pratiquer l’auto-dérision, pour sa fragilité réelle, que l’on ressent tellement lorsqu’il chante.

Car il chante aussi, avec une voix aux inflexions rauques, un fond permanent de tristesse qui perce derrière le sourire qu’il arbore de plus en plus sur scène, tellement heureux d’être là. « It’s good to be there, it’s good to be anywhere », « Je suis heureux d’être ici, je suis heureux d’être n’importe où. », (c’est bon d’exister tout simplement ?).

Keith Richards chante, et on finira avec ce très beau morceau si ça vous dit « This place is empty without you » de l’album A Bigger Band à écouter ici

A très bientôt à tou.te.s, soyez rock’n roll si cela vous dit, car de toute évidence, ça conserve ! 😉

Passez un bel été en musique oh yeah !
Corinne

Photo couverture : Concert Turin 2013 Creative Commons Wikimedia by Gorupdebesanez

All photos Creative Commons Wikimedia

 

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Voyager autrement

Avec l’été et les vacances, vous avez peut-être envie de vous échapper des grandes routes, des lieux surpeuplés, et de découvrir des endroits un peu à l’écart, il y en a tant qui « méritent le détour » comme disent les bons vieux guides de voyage.

Ces escapades sur les itinéraires « verts » sont autant de démarches pour une autre forme de tourisme, mot devenu tellement péjoratif que l’on ose à peine l’utiliser, tant il fait référence à des phénomènes de consommation de masse et à des comportements générateurs de pollutions de toutes sortes.

Voyager autrement, cela peut se faire par goût, simplement parce que l’idée de faire des heures de routes encombrées pour arriver sur les plages bondées ressemble pour vous au pire des cauchemars. Cela peut être aussi par conviction : de nombreuses personnes refusent maintenant le transport aérien et ses dramatiques émissions de gaz à effet de serre. D’autres pensent qu’envahir un pays soudainement mis à la mode par les agences de voyage ne peut avoir que des effets néfastes sur l’équilibre d’une société et de son environnement.

Lorsqu’on découvre cette nouvelle façon de voyager qu’on appelle souvent le « slow tourism », on revient rarement en arrière, tant il est agréable de respirer à l’écart de la foule, tout en faisant souvent des rencontres exceptionnelles sur le chemin des vacances.

Pointe du Van - Finistère
Pointe du Van, promenade en Finistère, en juillet, air iodé et calme assuré, le bonheur.

Le slow tourism

Cette nouvelle façon de voyager a pour principale idée que la route est le voyage. Qu’il ne s’agit pas en vacances de partir d’un point A pour arriver à un point B le plus rapidement possible, mais de profiter des journées et du temps enfin libéré pour faire du voyage en « hors-piste ». Ceci n’exclut pas de se rendre dans une destination choisie à l’avance, mais propose simplement que la route soit jalonnée d’étapes inattendues, de découvertes faites au hasard de l’inspiration, d’un panneau qui indique un village au joli nom poétique, un site exceptionnel, un musée rare…

On peut aussi faire le choix de partir pour le plaisir de ressentir une forme de liberté inédite, à vélo ou à pied, découvrir la joie de randonner avec un sac de couchage et un bagage sur les épaules aussi léger que l’esprit, et prendre la route en toute sérénité. C’est évident, on ne fera pas le tour du monde à ce rythme-là si l’on ne dispose que de deux ou trois semaines de vacances, mais on peut faire le tour d’une partie du Massif Central ou de la pointe de Bretagne (même en août, il y a des villages et des plages encore peu fréquentées…), et profiter du plaisir de se poser dans des endroits de rêve, au calme, avec l’accueil chaleureux d’habitants qui ne se sentiront pas envahis par votre présence respectueuse de la beauté de leur région.

Evidemment, l’été n’est pas la meilleure saison pour partir sans réserver, le tourisme dit « vert » est de plus en plus développé grâce à la promotion que font les régions et territoires pour attirer les visiteurs. Il faudra sans doute réserver à l’avance en cette saison, sauf si vous pratiquez le bivouac. Alors, si l’envie de partir vous prend un peu au dernier moment, il vous reste à activer votre moteur de recherche et vos applis pour trouver le meilleur hébergement possible sur la route de vos vacances. Mon petit conseil, essayez de réserver directement chez les hébergeurs, vous paierez le même prix et leur éviterez les commissions parfois scandaleuses de principaux sites de réservation en ligne !

Nous, nous sommes des inconditionnels de la chambre d’hôtes, pour l’accueil, le confort; certaines vous donnent l’impression d’arriver dans votre chambre, comme si c’était celle de la maison de famille de toujours. Et rien que chercher sur le web, c’est un plaisir, les photos sont en général tellement belles que le voyage commence déjà… En plus, les propriétaires de chambres d’hôtes sont souvent engagés dans une démarche respectueuse de l’environnement, vous offrant cuisine bio et produits du terroir, quoi de mieux ?

Les chambres d’hôtes, des havres de paix

Notre premier séjour en chambre d’hôtes a été lors d’une escapade dont nous rêvions depuis longtemps, amoureux que nous sommes de la Bretagne, un weekend à la pointe du Raz. Nous avons trouvé une chambre d’hôtes qui était l’unique d’une belle vieille maison sur le port de Kérity, à Penmarch, un de nos endroits préférés en Bretagne. L’accueil de la maîtresse de maison, son attachement à sa région, sans parler des crêpes du petit déjeuner, en a fait pour nous un premier port d’attache dans nos balades en France.

Plus au nord de la Bretagne mais toujours dans le Finistère, nous avons découvert la Côte des légendes, et y avons arpenté des plages sauvages, magnifiques… Nous y avons rencontré un cuisinier amoureux de « slow food », comme quoi tout est lié. A sa table le soir, nous avons partagé un « kig ha farz », le délicieux pot au feu breton qui doit mijoter des heures sur le feu. J’avoue que, même devenue végétarienne depuis, j’aurai du mal à résister à ce plat préparé avec un tel soin si on y retourne.

Une autre fois, nous avons inauguré une chambre d’hôtes, toujours en Bretagne, au coeur de la baie d’Audierne, nous étions les premiers clients accueillis par des propriétaires inquiets de ne pas avoir tout bien réussi pour leur confort et leur plaisir, et croyez-moi, c’était tout simplement féerique. La chambre, avec son salon et son entrée indépendante, a été aménagée dans une petite tour, avec une décoration superbe et une terrasse au sommet pour prendre le soleil et regarder la mer, le tout dans un grand jardin avec vue sur la campagne, un rêve.

Lac de Vassivière - Plateau de Millevaches
Lac de Vassivière – Plateau de Millevaches – un paradis !

De belles rencontres

Chaque fois que nous avons aimé notre séjour dans une chambre d’hôtes, nous avons eu envie d’y revenir et cela a été parfois le cas, au point que nous restons en relation avec les propriétaires, un petit mot sur Facebook, un commentaire sur Instagram, et on n’oublie jamais de partager pour les recommander à nos familles et relations !

Plus encore, nous avons rencontré une de nos meilleures amies sur le plateau de Millevaches, terre de randonnées s’il en est. Le premier contact fut tellement chaleureux que nous sommes revenus, puis venus encore une fois et que peut-être grâce à elle, nous avons enfin trouvé la maison de nos rêves, celle dont je vous parlais récemment dans cet article. Je dis peut-être, je touche du bois car je suis très superstitieuse mais je vous promets un long article (et même plusieurs) si tout se passe bien !

Quand nous y sommes arrivés, nous avons été sous le charme de cette belle maison de pays, tout en pierres, aménagée et décorée avec tellement de soin que toute l’âme de la demeure se révèle par des petites touches raffinées, mettant en scène un passé plein de douceur et une tradition d’accueil préservée.

C’était un ancien hôtel avec sa salle à manger, sa salle de café, et ses chambres qui sont devenues lumineuses, son jardin poétique en plein cœur du village. Sa propriétaire nous a raconté l’histoire du lieu, puis nous avons échangé sur nos racines limousines, sur la vie de cette belle région, sur la Catalogne (le pays de mon mari) et ce fut le début d’une belle amitié.

L’art de voyager

Comme nous avons adopté cet art de voyager, nous avons du mal à changer nos habitudes. Il n’y a pas longtemps, nous avons dû faire un voyage ultra-rapide mais nécessitant une halte vu la distance à parcourir. Comme tout le trajet était sur l’autoroute, nous aurions pu choisir un hôtel de chaîne pas loin d’une sortie, mais nous avons préféré faire une dizaine de kilomètres dans la campagne pour passer la nuit dans une jolie maison nichée dans les vignes, avec un jardin fleuri, des chambres décorées avec goût et un accueil souriant malgré l’heure tardive (nous avions prévenu bien sûr). Je vous donnerai toutes mes adresses en fin d’article, ne ratez pas celle-ci si vous passez près de Bordeaux.

Pour un séjour plus long, louer un gîte à la campagne est une bonne solution aussi, (ou un appartement si l’on décide de visiter une ville). Et là, je trouve que l’important n’est pas de voir le plus de choses possibles, mais de prendre le temps de découvrir l’endroit où l’on est, de sentir la vie qui y est forcément différente de ce que l’on connaît, parler avec des gens dans la rue, prendre un café plusieurs fois de suite au même endroit, il suffit de peu pour créer un lien, et se faire de merveilleux souvenirs.

Il nous est arrivés de passer quelque temps dans un endroit et d’entendre ensuite « ah mais vous étiez à côté de B….o ou de T……..a, vous avez vu le château de… ? » Et bien non, pour la plus grande surprise de nos interlocuteurs, nous avouons que nous avons préféré passer quelques jours au calme, nous promener dans la montagne, que de faire le tour des sites touristiques de la région. Cela nous a permis de rencontrer des habitants du village et de parler avec des personnes que nous n’aurions jamais connues si nous nous étions seulement arrêtés une soirée.

Voyager plutôt que visiter, rencontrer plutôt que croiser, ce sont vraiment les bénéfices du tourisme lent, allez, cette fois je traduis le terme anglais, après tout, il est facile à transposer, profitons-en !

Sur ce, je vous souhaite un bel été, je vous donne nos adresses de bon cœur car un blog, c’est fait pour partager aussi les bons plans (garantis sans publicité et en toute amitié pour ces personnes qui nous ont si bien accueillis).

A bientôt !
Corinne

Plateau de Millevaches

  • Le Verrou à Nedde 87120 (proche lac de Vassivière) http://leverrou.com/
    Ma préférée bien sûr 😊 Et si vous voulez plein d’idées de randonnées, de belles balades dans la région, je vous promets un article entier !
Le jardin du Verrou à Nedde
Un jardin poétique

Bretagne

Bordelais

Ardèche

Photos personnelles sauf celle de couverture qui est de Chris Leggat pour Unsplash.

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Plaidoyer pour les arbres

Bonjour, bonjour, mes ami.e.s,

En ces chaudes journées d’été largement commentées dans les médias, c’est le moment de se rappeler que l’un des meilleurs moyens de se protéger de la chaleur, c’est de se réfugier dans le jardin, dans un parc, en forêt, pour aller chercher de la fraîcheur sous les arbres (sauf en cas d’orage bien sûr !)

Cela semble évidemment plus facile lorsque l’on vit à la campagne et pourtant, le remembrement qui a consisté à regrouper des hectares de terre pour constituer des propriétés agricoles d’un seul tenant, a été une catastrophe dans certaines régions où l’on peut voir des zones entières ravagées par la sécheresse ou les inondations. 750 000 kms de haies vives arrachées entre 1960 et 1980… un désastre écologique.

Femme assise dans un parc
En ville, les parcs sont des oasis de fraîcheur

En ville, encore faut-il avoir la chance de posséder un jardin, ou d’habiter à proximité d’un parc, ce qui n’est pas toujours le cas, nos villes n’ayant souvent d’espaces verts que dans certains « beaux » quartiers… Alors que la végétalisation, y compris des immeubles et des toitures, offre une solution absolument extraordinaire pour garder oxygène et fraîcheur, le béton continue à nous étouffer.

Alors voici mon plaidoyer pour les arbres. Dans nos villes, nos campagnes et dans le monde, ils sont la vie de cette planète, et par conséquent la nôtre.

Des arbres dans la ville

On le sait, les arbres absorbent une quantité d’eau et de gaz carbonique qu’ils rejettent ensuite sous forme d’oxygène. Leur capacité d’absorption du gaz carbonique est telle que si l’on couvrait toutes nos villes de végétaux et d’arbres, nos problèmes de pollution atmosphérique ne serait plus qu’une petite partie de nos soucis environnementaux. Cela nous laisserait pas mal d’autres problèmes à traiter, et il nous faudra de toute façon en finir avec les émanations de gaz polluants, mais c’est une solution facile à mettre en œuvre dans un premier temps.

Immeuble entièrement végétalisé
Un rêve d’architecture verte

Les politiques urbaines actuelles sont extrêmement en retard de ce point de vue, alors que l’on sait que la plantation d’arbres en ville a pour effet de faire baisser la pollution, la température, et même le stress. Certaines villes expérimentent la plantation d’arbres dans des quartiers dits « à problèmes » et voient baisser le nombre des agressions et des faits de délinquance. Or combien voit-on d’arbres abattus dans nos villes pour toujours plus de béton, de ronds-points, de centres commerciaux…

La ville d’Angers dont je vous parle toujours puisque j’y habite, est connue pour ses espaces verts en plein centre-ville (jardin du Mail, jardin des Plantes, parc Bellefontaine) ou dans les quartiers de bord de Maine, et la région compte nombre d’entreprises spécialisées dans l’horticulture et la production de végétaux.

Or, cela fait quelques années qu’on y voit des arbres centenaires abattus pour réaménager des « espaces urbains » dans lesquels on replante ensuite, des sortes de manches à balais dont l’ombrage n’a rien à voir avec nos platanes centenaires. En plus, enchâssés dans le béton sur les trottoirs tout neufs, ils ont peu de chance de survie…

Alors, dès que je peux, je m’enfuis en forêt, bref, je fais de la sylvothérapie.

Promeneur en forêt

Qu’est-ce que la sylvothérapie ?

Le mot s’est répandu ces dernières années dans la presse et sur le web : la sylvothérapie, image d’une promesse de sérénité, d’un moment de totale déconnexion en pleine nature.

Le mot sylvothérapie n’est pas très joli, mais il a le mérite de mettre en évidence le pouvoir extraordinaire qu’ont les arbres de nous apaiser, de prendre soin de nous qui ne le leur rendons pas toujours… Les images de ceux qui prônent la sylvothérapie nous proposent d’enlacer les troncs d’arbres pour mieux sentir la vie qui palpite en eux, mais il n’est nul besoin de se frotter à la mousse des chênes pour se sentir revivre, il suffit juste de respirer un air chargé en ions négatifs, qui, contrairement à ce que leur nom pourrait faire croire, sont les ions qui vont se charger de nous redonner équilibre, énergie et santé, les ions positifs étant générés par nos ordinateurs, appareils ménagers, moquettes…

En forêt, les ions négatifs sont à peu près en mêmes quantités qu’au bord de la mer, entre 3 et 4 000 ions négatifs par cm3 d’air. En montagne on grimpe, c’est le cas de le dire, à 8 000 unités par cm3, le sommet étant atteint au pied d’une cascade, avec 50 000 ions négatifs par cm3 d’air. Vous l’aurez compris, pour se revigorer le corps et l’esprit, il faut chercher une cascade en forêt le plus haut possible dans la montagne. Je l’ai fait il n’y a pas longtemps en randonnée dans le pays basque et je peux vous assurer que redescendre ensuite « sur terre » a été un peu difficile ! Mais les bienfaits sont évidents même après plusieurs jours.

Des journées entières dans les arbres

J’ai eu beaucoup de chance, j’avais des grands-parents qui habitaient tout près d’une très belle forêt, et la sylvothérapie, mon grand-père l’avait inventée bien avant que le mot n’apparaisse ! Lui qui vivait du travail du bois – il était ébéniste – avait pour les arbres un amour et un respect absolu. Grâce à lui, j’ai appris en forêt à reconnaître les essences d’arbres, frênes, hêtres, ormes, bouleaux, mélèzes, noisetiers, merisiers… et bien sûr toute la faune qui vit (ou plutôt vivait…) sous les feuilles et sur les branches.

Combien d’enfants rêvent de construire une cabane dans les arbres ! Beaucoup l’ont fait, et certains adultes aussi, d’ailleurs, de nombreux gîtes et chambres d’hôtes proposent des nuits perchées dans les arbres au sein de la forêt, un véritable havre de paix en pleine nature.

Une cure de sylvothérapie

J’ai des enfants adeptes du bivouac, un mode de camping très réglementé mais autorisé contrairement à ce que l’on pourrait croire. Il faut juste planter sa tente à la tombée de la nuit et partir au lever du jour, sans rien laisser derrière soi bien entendu. Ils le font toujours en forêt, dans un coin de montagne et près d’une cascade, c’est bien vu ! Et sans allumer de feu, faut-il le préciser ?

Les arbres se parlent entre eux

Les arbres communiquent, on le sait maintenant de manière scientifique, même si on s’en doutait un peu… et pas uniquement pour être fan du Seigneur des Anneaux, (je le suis !), roman dans lequel le vieux Sylvebarbe est un personnage clé, absolument fascinant.

Les arbres sont capables de s’entraider, de s’alerter des dangers susceptibles de les menacer (maladies, champignons, sécheresse…). Le succès du livre de Peter Wohlleben – un ingénieur forestier repenti après de longues années de travail de déforestation – « La vie secrète des arbres », a été une révélation pour nombre d’entre nous. Pourtant, les biologistes le savaient depuis des années, les arbres ont une vie sociale, ils sont capables de nourrir les souches d’arbres tombés à terre ou coupés par une production de sucre qu’ils leur envoient à travers leurs racines. Quant aux sous-bois ce sont les seuls espaces où la terre est encore préservée de l’activité mortifère des cultures industrielles et révèle des richesses de faune et flore insoupçonnables aux yeux du promeneur.

Cultiver en harmonie avec la terre

Les pionniers de la permaculture, le japonais Masanobu Fukuoka, puis les australiens Bill Mollison et David Holmgren, n’ont d’ailleurs fait rien d’autre qu’observer dans un premier temps comment la vie renaît en forêt, à partir des souches et des résidus de branches et de feuilles qui pourrissent lentement pour former cette couche d’humus sur laquelle tout peut pousser, plantes, champignons, et même de nouveaux arbres. Et sur des terres abandonnées, sur lesquelles la main de l’homme n’est pas intervenue depuis des années, on voit les premières plantes repousser, les plantes dites « pionnières », et les arbres revenir peu à peu, les plus solides et adaptés au climat en premier, comme s’ils préparaient le terrain pour les plus faibles qui n’arriveront qu’ensuite.

En permaculture, on apprend à travailler en commençant par s’asseoir et observer ce que fait la nature. Puis on s’en inspire en utilisant les connexions entre les végétaux, on plante des buttes destinées aux cultures maraîchères à proximité des haies d’arbres, on y adjoint des végétaux « amis » et surtout, on laisse les plantes s’organiser spontanément sur un sol qu’on aura enrichi sans le retourner, juste en l’aérant. Parce que la terre est comme notre peau, si on met le derme à nu, on la fragilise gravement, et bien pour les sols, c’est pareil. Alors on crée des buttes qu’on enrichit avec du bois mort récupéré en forêt, qui deviendra le ferment des cultures à venir.

Les arbres sont essentiels à la vie

Je suppose que vous avez une petite idée sur la question, et que vous savez pourquoi on parle de l’Amazonie par exemple, comme étant le poumon de la terre.

Depuis plus de trente ans, l’avidité des géants de l’agro-alimentaire, l’extractivisme (activité liée aux minerais, or, nickel, lithium…) et l’élevage intensif qui demande des espaces pour les bêtes mais aussi pour leur alimentation, a fait que la déforestation sur cette planète a pris des proportions inquiétantes.

Car même si un rapport récent montre une augmentation globale des zones boisées dans le monde, il est un fait indéniable : des pays, des régions entières font l’objet d’une effroyable mise à sac, pour des raisons liées à toutes les formes de rentabilité immédiate que certaines entreprises, légales ou illégales, font passer avant la préservation de la planète et de ses extraordinaires écosystèmes.

Forêt tropicale
Toute la beauté d’un monde en danger

Récemment, des chercheurs américains ont prouvé que replanter des arbres sur toute la planète (on disposerait à l’heure actuelle sur terre d’un espace de la taille des Etats-Unis pour replanter 1 200 milliards d’arbres) pourrait contribuer à la sauver des émanations de gaz carbonique et de la hausse des températures. C’est un projet « pharaonique », mais ne faudrait-il pas commencer par sauver les forêts qui existent, boycotter les marques qui participent à cette destruction massive, et ne pas oublier que les forêts d’Amazonie, d’Afrique ou d’Indonésie abritent des peuples qui sont les meilleurs gardiens de la forêt, et donc de la planète ?

J’en profite pour vous parler de mon engagement pour les peuples autochtones d’Amazonie, une association que j’ai créée avec plusieurs personnes engagées dans la défense de ces extraordinaires peuples que sont les indiens Tikuna, Murui, Yanomami… et tant d’autres qui luttent pour leur survie, celle de la forêt et donc de notre planète. Si cette cause vous intéresse et que vous voulez en savoir plus, je vous donne le lien ici

Passez un bel été, sous les arbres, en montagne ou dans l’eau, mais toujours dans l’amour de la nature !

Je vous embrasse,
Corinne

 

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Cuisiner vegan et facile

Bonjour, bonjour,

Deux ans bientôt de cuisine végétarienne, puis vegan ! J’avais hâte de partager avec vous mes secrets pour réussir les petits plats vegan dont raffolent ma famille et mes ami.e.s. J’ai eu l’idée de cet article car j’avais réuni, à sa demande, quelques unes des recettes préférées d’un de mes enfants dans un petit document, et aussi parce que c’est un vrai plaisir de partager mes idées de menus composés de bons légumes achetés aux producteurs sur les marchés.

Il y en a de plus en plus qui travaillent en permaculture sans avoir le label bio, et c’est très bien car vous êtes sûr.e.s d’acheter local et sans traitement chimique. Avec quelques ingrédients achetés dans les boutiques bio du quartier, il suffit d’un peu d’imagination pour remplacer tous les produits que l’on utilisait depuis tant d’années par des produits d’origine végétale, et ça marche !

Étalage de fruits et légumes
Le rêve du cuisinier vegan, un étal sur le marché.

Le 1er secret de la bonne cuisine vegan

Le premier secret est très simple : jetez les livres de cuisine ! Parce que tous les légumes et les fruits sont faits pour s’entendre, surtout quand il s’agit de vous faire du bien. L’idée n’est pas de moi, il est d’un gastronome, humoriste et critique angevin (et oui…) qui avait pris pour surnom « Curnonsky« , parce qu’en latin « cur non » signifie « pourquoi pas » et que « sky », et bien ma foi, ça faisait chic comme terminaison. Pourquoi pas signifie qu’il est permis de tout essayer en cuisine, du moment que les produits sont bons, il n’y a pas de mélange impossible.

Et puis avouons-le, les livres de recettes font peur ! Certains livres de cuisine font envie avec de magnifiques photos (je vais vous épargner les miennes, la photographie de plat cuisiné, c’est hyper technique !) mais là, l’idée est de se faire confiance et d’apprendre à devenir autonome en cuisine !

Commencez par aller au marché, trouvez les légumes de saison qui vous font envie, ceux qui ont été cultivés avec soin et amour de la terre et de ses produits. Sur le marché d’Angers, j’achète mes légumes et mes fruits à des jeunes producteurs en permaculture, et je vous le jure, leurs salades ont un parfum délicieux, la batavia n’a pas le même parfum que la laitue, et les tomates, bien sûr, il faut les attendre un peu et la saison est courte, mais quel bonheur quand elles sont là.

Herbes, ail et oignons

Le 2ème secret de la bonne cuisine vegan

Le 2ème secret, je le dois aussi à quelqu’un d’autre, décidément, je n’ai rien inventé ! Mon plus jeune fils est ma deuxième source d’inspiration, moins célèbre que Curnonsky, quoique… Il a pris dès son enfance l’habitude de « revisiter » mes plats en y ajoutant toutes les épices qu’il trouvait sur l’étagère de la cuisine, de l’origan et du curcuma en particulier, et aussi des fruits secs, dattes ou abricots, des noix concassées, des baies de cranberrys…

La bonne idée, c’est d’avoir toujours à la maison tous ces ingrédients de base extraordinaires que sont les épices de toutes sortes, curry, curcuma, muscade, cannelle, clou de girofle, piment doux, paprika, gingembre, coriandre… Si vous ne voulez pas trop stocker, vous pouvez acheter en petites quantités en vrac, par exemple chez Day by day à Angers

J’ai toujours des fruits secs, des graines de sésame, de l’ail et de l’oignon, des citrons et de l’huile d’olive, plus de la tomate en boîte (pelée ou concassée) pour remplacer la tomate hors saison. Et aussi des herbes (fraîches ou en version déshydratée) : persil, basilic, coriandre, menthe, thym, estragon, ciboulette… J’en congèle pas mal l’été, ciselées et mises dans des petits pots de récup, ça se garde très bien…

Côté épicerie, j’ai des stocks permanents de pois chiches, de lentilles, de haricots rouges ou blancs (secs ou en conserve pour une préparation plus rapide) et bien sûr du riz basmati, des pâtes italiennes ou thaïlandaises qui font la base du plat que je cuisine ensuite.

Les épices et les herbes sont un condensé de santé, et si vous en parsemez vos plats, vous ne pourrez que bénéficier de leurs bienfaits, en plus du plaisir gustatif qu’ils apportent dans toute préparation. Cet été, pensez à en mettre dans toutes vos salades, avec des graines de sésame, c’est délicieux.

Mes recettes vegan faciles

Couscous vegan

Ingrédients pour 4 personnes

1 bol de boulgour, 1 gros oignon, 1 gros poivron rouge ou jaune, 2 carottes, 2 courgettes, 1 patate douce, 2 tomates mûres ou une grosse boîte de tomates pelées, une boîte de pois chiches, 2/3 gousses d’ail. Épices : origan, gingembre, piment doux, cumin, cannelle, coriandre. 1 bouquet de coriandre fraîche. Huile d’olive, sel, poivre.

Préparation

Faire revenir dans l’huile d’olive l’oignon et le poivron coupés en lamelles, puis ajouter les carottes coupées en morceaux dans la longueur, les courgettes et la patate douce en gros cubes, saler, poivrer, ajouter l’origan et laisser revenir sur feu doux environ 10 mn.

Ajouter alors les pois chiches et les tomates, si on utilise des tomates fraîches, ajouter de l’eau de manière à couvrir les légumes, pas plus, sinon, le jus de la boîte de tomates pelées suffit. Resaler légèrement. Porter à ébullition 5 mn puis baisser.

Finir l’assaisonnement avec l’ail haché fin ou râpé, les épices (de manière équilibrée, environ une cuiller à café de chaque), on peut ajouter 1 petit piment fort si on veut mais penser à l’enlever en fin de cuisson ou prévenir les invités 😉 Laisser sur feu très doux pendant ½ heure en surveillant régulièrement, ajouter de l’eau si nécessaire.

Au bout de cette ½ heure, ajouter la coriandre fraîche coupée finement, et laisser mijoter encore ½ heure.

Préparer le boulgour à part en versant dans une casserole 2 mesures ½ d’eau salée pour une mesure de boulgour. Porter à ébullition et verser le boulgour en pluie, laisser revenir à ébullition puis éteindre le feu, couvrir et remuer régulièrement.

Nasi byriani

Ingrédients pour 4 personnes

Riz basmati (2 verres), 4 petites échalotes (oignons à défaut), 2 poivrons rouges ou verts, 2 tomates bien mûres ou 1 boîte de tomate pelée, coriandre fraîche, gingembre frais, ail, amandes et noix de cajou, curcuma, 1 petit brick de crème de riz parfumée au curry (dans les magasins bio).

Préparation

Faire revenir à l’huile dans une poêle ou une cocotte les échalotes coupées finement, ajouter du gingembre frais râpé, un peu d’ail râpé, laisser revenir 5 mn à feu doux, puis ajouter 4 verres d’eau, saler, poivrer, porter à ébullition. Quand l’eau bout, ajouter le riz, puis un peu d’amandes et de noix de cajou écrasées grossièrement, les tomates en petits cubes, les poivrons émincés, de la coriandre fraîche, 1 cuiller de curcuma, et ajouter la crème de riz au curry. Laisser sur feu très doux environ 30 mn, le riz doit absorber tout le liquide, remuer régulièrement.

Riz afghan aux haricots rouges

Ingrédients pour 4 personnes

Riz basmati (2 verres), une boîte de haricots rouges, une boîte de tomates concassées, ail, gingembre, piment doux, cumin, coriandre fraîche.

Préparation

Faire chauffer doucement les haricots rouges avec les tomates concassées, saler, poivrer, ajoutez de l’ail râpé, du gingembre râpé ou en poudre, de la coriandre fraîche, du piment doux en poudre, et du cumin. Servir avec le riz basmati.

Nouilles thaï aux légumes

Ingrédients pour 4 personnes

1 sachet de nouilles thaï (1 portion par personne), oignons, champignons, carottes, poivrons, courgettes, brocolis, champignons (un peu ce qu’on veut ou ce qu’on a !). Gingembre, ail, sauce soja.

Préparation

Faire revenir dans l’huile des oignons, des champignons et des poivrons émincés, des dés de carottes, de courgettes, des petits morceaux de brocolis (etc…), saler, poivrer, ajouter un peu d’ail râpé ou émincé finement, un peu de gingembre en poudre, laisser mijoter 15 mn, ajouter un peu de sauce soja en fin de cuisson. Faire cuire à l’eau bouillante les nouilles de riz thaï ou chinoises (voir le paquet, en général 3 mn maximum), les égoutter et les mélanger dans la poêle ou la cocotte, faire revenir rapidement et servir bien chaud.

Poêlée de champignons
Une poêlée de champignons, c’est un régal en soi !

Champignons farcis au four

Ingrédients pour 4 personnes (entrée)

2 gros champignons à farcir bruns ou blancs par personne, 2 petites gousses d’ail, 1 oignon moyen, ¼ de poivron rouge, gingembre frais râpé ou en poudre, coriandre en poudre ou fraîche, piment doux, curcuma, origan, 2 cuillers à soupe de fromage vegan ou de tofu soyeux, sel, poivre, huile d’olive.

Préparation

Couper le pied des champignons jusqu’au centre de manière à former un creux. Hacher très fins les pieds avec l’oignon, le poivron, l’ail, ajouter curcuma, origan, gingembre, piment doux, sel et poivre, puis malaxer le tout à la fourchette avec le fromage vegan ou le tofu soyeux, bien mélanger. Remplir le creux des champignons, arroser d’un peu d’huile d’olive et passer 15 mn sous le grill du four à 220°C. Servir avec une salade verte aux pignons de pin.

Velouté de courgettes super facile

Ingrédients pour 4 personnes (entrée)

1 kg de courgettes, un petit pack de crème au riz (boutiques bio), sel et poivre.

Préparation

Mixez les courgettes cuites dans l’eau bouillante salée et surtout très bien égouttées avec une dose de crème de riz, poivrez, ajoutez de l’ail râpé si vous aimez, et des herbes de Provence.

Voilà, j’ai terminé par le plus facile, et tous ces plats sont équilibrés, goûteux et bons pour la santé ! Il faudra que je pense à revenir avec les desserts 😉

Si vous voulez vous pouvez relire mon article vegétarien, végétalien et vegan, il y a d’autres recettes ! En tous las cas, si vous hésitez, je pense qu’un changement ne peut se faire qu’avec la conscience du bien que l’on fait à la planète et aux animaux, mais aussi du bien que l’on se fait à soi-même, et donc, il faut avant tout une bonne dose de plaisir et c’est ce que je vous propose !

A bientôt, passez un bel été !
Corinne

à la Une

Cherche maison désespérément

Bonjour, bonjour,

En principe, tenir un blog, c’est écrire régulièrement, enfin, essayer… Mais parfois, il se passe de longs moments sans que nous publions de nouveaux articles pour différentes raisons, le travail, les enfants, la vie, en résumé ! Ma raison à moi en ce moment, c’est que je joue, enfin, nous jouons, mon amour de mari et moi, à un jeu très répandu que l’un de nos enfants a baptisé « le jeu du bon coin », à savoir naviguer pendant des heures sur Le bon coin à la recherche de « la bonne affaire« .

Si l’on revient un peu en arrière sur mes précédents articles – vous pouvez le faire mais rien ne vous y oblige parce que je vais tout vous raconter ! – on retrouve une thématique récurrente : comment s’échapper de cette vie en ville qui ne nous convient vraiment pas, se mettre en accord avec nos envies, nos idées, et notre vision d’un avenir qui sera vert ou ne sera pas.

Alors, nous voilà scotchés depuis des mois sur notre smartphone, sur le PC quand les yeux commencent à fatiguer ou que la photo est trop floue, à la recherche de la maison idéale, enfin, pour nous ! Je vous décris l’idée qui n’a rien d’original en soi : une maison à la campagne avec un grand terrain, un chien, des chats, de quoi élever des poules, faire un potager, en permaculture bien sûr, et recevoir nos enfants et nos ami.e.s.

Franchement, je ne sais pas si nous allons la trouver, mais je vous jure qu’au bout de quelques mois, nous sommes devenus des pros de l’annonce immobilière !

Si vous avez envie de sourire un peu, et en plus, moi, ça va me permettre de décompresser, (car je vous assure, on en a vu de toutes les couleurs!) je vous propose de décrypter le langage des agents immobiliers. Nous en avons contacté certains qui étaient vraiment sérieux et capables de se mettre en 4 pour leurs clients, et d’autres plus que fantaisistes, on n’en tirera donc aucune conclusion définitive, d’autant que les pires annonces sont souvent celles publiées par les particuliers ! Et on commence par le pire, les photos.

Maison de rêve, du moins en photo…

J’ai presque pensé à en faire un album dans ma photothèque, une sorte d’avant-après de la maison rêvée, non pas avant ou après travaux comme dans une émission de télévision mais un avant-visite et après-visite, autrement dit les photos de l’annonce et celle que nous prenons sur place lors du rendez-vous !

À propos, vous avez vu le succès de ces programmes TV sur l’immobilier ? On dirait que les Français rêvent tous de devenir propriétaires d’une maison totalement standardisée, au point que certaines agences vous mettent en ligne des vues en 3D de ce que vous pourriez faire comme travaux dans la maison ou l’appartement de vos rêves. Par ailleurs, je suis sûre que certain.e.s se laissent prendre au piège en croyant voir la décoration bien réelle du bien en vente

Murs de pierre avec fleurs
Un si joli mur de pierre…

Donc, les photos mises en ligne par les agences immobilières ou les propriétaires en direct, vous montrent exactement… ce qu’on veut bien vous montrer : la maison inondée de soleil et entourée d’arbres, sauf que de l’autre côté, la façade donne directement sur la départementale.

Ou bien le jardin si bucolique se termine sur un champ abondamment fertilisé par divers ingrédients plus ou moins toxiques, certains repérables à l’odeur et d’autres moins mais encore plus dangereux pour l’organisme… vive la campagne. Mon premier conseil, préférez les régions de montagne, d’élevage ou de forêts, moins dangereuses pour la santé que la campagne française, surtout dans les vignes, car on n’est pas encore débarrassés du glyphosate, hélas… Pardonnez cette digression, mais je la crois utile !

Les photos, donc : la cuisine si pittoresque sur l’annonce est en fait une belle mise en scène de pots de confiture, jolies boîtes à thé ou café, bouteilles d’huile d’olive et vaisselle ancienne pleine de charme… sur 2 tréteaux et une planche recouverte d’une toile cirée.

Par contre, le compteur électrique ne figure pas sur le cliché, on s’en doute. Même en étant super-bricoleurs, il vous en coûtera au moins 5 000 € pour avoir une chance de préparer sans risque d’électrocution une soupe maison avec les légumes du jardin. Si les travaux vous laissent le temps de faire le potager !

Le pire, la salle de bains : la vue d’une cabine de douche ne donne que peu d’indications sur le niveau d’humidité ou la vétusté du chauffe-eau, et le gros plan d’un lavabo ne dit rien de l’état de la faïence murale, souvent verte ou marron dans un pur style années 60. Vous craquerez très vite même si au début vous lui avez trouvé un certain charme… et là les coûts s’envolent car une salle de bains, c’est ce qui coûte le plus cher à refaire, sans compter que les faïences de l’époque tenaient avec une colle faite pour durer des siècles. Si vous pensez repeindre, oubliez, les produits sont très chers. Enfin, ceux qui tiennent, sont à base de résines hyper toxiques. No comment.

Allez, après le choc des photos, le (véritable) poids des mots. Courage !

Bien atypique

Cette annonce-là vous attire irrésistiblement, vous vous faites une idée de la maison de rêve qui ne ressemble à aucune autre. En plus, elle n’est pas très chère, elle a des allures d’atelier d’artiste, un poulailler et un potager… Ou bien la décoration est tellement soignée et contemporaine qu’on croirait presque un loft, si l’on excepte le fait que sa superficie est de 45 m² !

Les petits détails si amusants comme l’échelle de meunier pour monter se coucher dans une mezzanine qui fait 1m² de surface utile, c’est très joli, certes. Après tout, se plier en deux pour se coucher, ce n’est pas impensable, l’idée, c’est de s’allonger. Mais quand il faut passer l’aspirateur ou refaire le lit, aïe…

En plus, si on fait de cet espace ouvert et lumineux (dixit l’annonce), la chambre d’amis, je ne vous explique pas la tête de vos parents quand vous les inviterez pour le weekend, et qu’en plus, vous leur montrerez les toilettes au fond du jardin (c’est provisoire, bien sûr, enfin, au moins pour les 10 prochaines années…)

Un seul conseil, « Fuyez », car, définitivement, atypique, en langage immobilier signifie invendable, même accompagné d’autres qualificatifs tels que « rare, charmant, pittoresque… ».

Ah j’allais oublier, « idéal premier achat » est la catégorie à peu près similaire, puisqu’on suppose qu’un jeune couple aura moins d’expérience en matière d’immobilier et sera donc potentiellement moins regardant sur les détails…

Maison à rafraîchir

Bâtiment de ferme en granit
Que se cache t-il derrière cette belle façade ?

Là, on est typiquement dans l’euphémisme, figure de style qui doit faire partie de la formation professionnelle des agents immobiliers. Définition du Larousse « Atténuation dans l’expression de certaines idées ou de certains faits dont la crudité aurait quelque chose de brutal ou de déplaisant. (Exemple : il s’est éteint, il est parti pour un monde meilleur, etc., à la place de « il est mort ».)

Parce qu’en effet, il semble que les premiers à avoir tenté de rendre cette maison habitable soient décédés dans les années cinquante, et que pour faire de cette maison le petit nid douillet dont vous rêvez pour vous et votre famille, il vous faudra passer tous vos weekends à arracher du papier peint, poncer des volets ou tirer des fils électriques, le tout après des heures de marathon du samedi matin chez le célèbre Monsieur L…y M….n, qui sera le seul à tirer profit de vos travaux d’embellissement. Car si vous décidez de revendre un jour sachez que vos choix de décoration ne plairont pas forcément aux futurs acquéreurs et que vous avez peu de chance de rentabiliser votre investissement.

Si vous décidez malgré tout de l’acheter, regardez attentivement le prix au m² dans le secteur, il existe des sites assez fiables genre meilleursagents.com, excellent site de référence sur les prix de l’immobilier. Donc, calculez soigneusement le prix des travaux que vous aurez envie de faire pour rendre cette maison à votre goût, et référez-vous aux tranches de prix indiquées pour les ventes de biens du secteur.

Corps de ferme à rénover

Notre préféré dans les titres d’annonces, mais je vous le dis d’expérience, c’est la ruine assurée sur tous les plans. Car si vous craquez pour la maison et/ou la grange, en ruine précisément comme le titre ne l’indique pas, vous avez gagné aussi la ruine financière, autrement dit adieu les économies péniblement versées sur votre livret A. Et ce sera peut-être aussi la ruine de vos illusions et hélas, parfois, de votre vie de famille. Là, mon propos n’est carrément pas drôle, mais j’ai trop vu de couples s’épuiser dans les travaux…

Maison en travaux
Il ne reste que la toiture à faire !

C’est pour cette raison que l’on trouve à vendre autant de maisons dans lesquelles les travaux ont été commencés et que l’on vous propose, cette fois très honnêtement, de finir ce que d’autres ont renoncé à mener au bout, des travaux titanesques pour faire de cette jolie masure de pierre un lieu habitable.

Cela donne donc un autre titre : corps de ferme à finir de rénover. On peut regarder, mais en général, les précédents propriétaires ont fait tout ce que vous détestez : changer les belles fenêtres anciennes en bois par des ouvertures en PVC (durée de vie 5 ans !), repeindre les chambres en vert alors que vous aimez le bleu etc… Parfois, la maison attend sa toiture sous la pluie depuis des mois.

Situation idyllique en pleine nature

Bien sûr, nous cliquons sur le titre de l’annonce comme des fous. Mais là, je dis, merci Google, cent fois merci Google Maps, mille mercis Google Earth. Parce que sans ces outils, nous aurions parcouru l’équivalent de la moitié de l’Europe en aller-retours le weekend pour aller visiter des maisons qui, sur la photo ou dans le texte, nous faisaient dire, « c’est celle-là ! »

Vallée du Limousin
La petite maison dans la prairie ?

Mon mari et moi sommes devenus des pros des outils Google, nous sommes imbattables pour trouver un lieu-dit, l’emplacement de la maison en vente, nous savons tracer un périmètre, mesurer la distance d’un point à un autre, faire un tour du paysage à 360°, nous allons bientôt pouvoir faire des tutos sur YouTube… Nos recherches nous ont permis d’éviter de visiter une maison à 750 m à vol d’oiseau de l’A20, d’une ferme dans une zone encore polluée par 100 ans d’exploitation d’une mine d’uranium, ou d’une bergerie en montagne en face de laquelle un champ d’éoliennes viendra bientôt remplacer les vols d’aigles et de circaètes. Et ce ne sont que des exemples.

Alors, si vous cherchez une maison surtout dans une autre région, avant de partir, faites comme nous : jouez aux détectives, cherchez toutes les informations sur Wikipedia, sur le site de la mairie… Le fameux PLU (Plan Local d’Urbanisme) est souvent disponible en ligne, sinon, demandez qu’on vous l’adresse par mail. Utilisez aussi les données de geoportail.gouv.fr si vous avez l’adresse exacte, vous y verrez les vues aériennes avec les numéros de cadastre, c’est utile.

L’idéal ? Cherchez dans une région que vous connaissez bien, si vous y avez de la famille ou des ami.e.s, c’est un atout évident car vous aurez des informations fiables, et peut-être des bons tuyaux ! Car les meilleures affaires passent souvent par le bouche à oreille, surtout si vous désirez acquérir le bien que tout le monde recherche. Dans les petites villes ou les campagnes, renseignez-vous aussi auprès des notaires, ils peuvent avoir des renseignements intéressants à vous donner.

Consultez les statistiques routières du département (certains mettent en ligne les données de trafic, le nombre de véhicules qui passent par jour). Par exemple, cette si jolie route départementale de l’Ardèche photographiée au coucher du soleil semble à l’écart de tout, du moins sur le cliché, en réalité, 8 500 véhicules y passent chaque jour en moyenne, (autos, motos, camping-cars, camions…), et c’est une moyenne, donc vous imaginez l’été ?

Un agent immobilier nous a dit qu’il ne mettait aucun bien sur Le bon coin, qu’il considère comme une bibliothèque en ligne de biens invendables. Je n’irais pas jusque-là, mais quand on a un budget super serré et des désirs un peu fous, il faut être malin, et surtout ne pas être pressé. Par contre, si vous avez passé la soirée à étudier le dossier et que cela vous parait vraiment intéressant, sautez sur le téléphone pour prendre rendez-vous, les bonnes affaires ne restent pas longtemps en ligne. Un site web qui pourrait être mieux conçu mais qui reste utile, c’est castorus.com qui donne pour chaque ville les biens en vente, depuis combien de temps, les baisses de prix…

Google Actualités (non, non, je ne fais pas de publicité, ils sont assez armés pour le faire eux-mêmes !) est un outil très utile aussi pour savoir quels sont les risques d’inondations, s’il y a des projets contestables et contestés en cours, genre usines de traitement des déchets, fermes-usines, ou même aéroport (on l’a vu en Loire-Atlantique). Consultez aussi le site du Conseil départemental pour savoir s’il y a des projets d’infrastructure routière, allez sur le site de la SNCF voir les projets de nouvelles lignes de trains, pas des petits réseaux locaux qui hélas disparaissent, mais des LGV (Lignes à Grande Vitesse) qui viendraient à traverser le territoire, etc…

Alors, on déménage ? Oui, mais avec prudence et sans se presser ! Et au fait, si vous connaissez une maison qui ressemble à la maison de nos rêves, n’hésitez pas à me le dire en commentaire ! Sur ce, je vous laisse, je viens de voir une nouvelle annonce qui a l’air trop géniale ! « Une visite s’impose » dit l’agence, et bien, on va voir… 😉

A bientôt !!!
Corinne

N.B. Les sites web mentionnés ne  sont que pour information et non à titre publicitaire, et les photos sont de ma galerie personnelle sauf celle de la page d’accueil qui est de Thanos Pal pour unsplash 

 

à la Une

Jamais sans ma radio !

Bonjour, bonjour, mes ami.e.s du blog,

Ravie de vous retrouver ! J’avais envie aujourd’hui, après une assez longue interruption dans la rédaction de ce blog, de rendre hommage à ce média si vivant, qui n’a jamais cessé de nous accompagner au quotidien. De l’imposant meuble radio des années quarante à l’application téléchargée sur notre smartphone, en passant par le petit poste de radio et les gadgets miniaturisés des années 80, il dit beaucoup de notre époque.

La radio, les radios, ces dizaines d’émissions passionnantes sur des sujets auxquels on n’aurait jamais pensé s’intéresser, ces interviews menées par des journalistes parfois impertinents pour mieux faire passer des questions toujours pertinentes, et la musique, la musique en continu même, si on veut…

Et ce qui me frappe, c’est que la radio de nos aïeuls, la fameuse TSF (Télégraphie sans fil), qui aurait pu disparaître du paysage médiatique, a résisté aux assauts de la télévision, de la musique en ligne et mieux encore, elle a connu un essor phénoménal à partir des années 80. 

Salon avec radio années 40
Vintage années 40 : un beau poste de collection

La radio : de la résistance au divertissement

Nos grands-parents et leurs parents, ceux qui ont vécu l’occupation allemande, ont passé une partie de la guerre l’oreille collée au poste, écoutant en cachette Radio Londres. Le célèbre « Les français parlent aux français » suivi des messages incroyablement poétiques mais chargés d’informations vitales pour la résistance, fait partie de l’histoire maintenant classique de cette période sombre.

Puis au lendemain de la guerre, les habitudes étant prises, on a continué à écouter la radio, pour laquelle des ébénistes fabriquaient des meubles imposants, fierté des ménages.  On n’avait alors que le cinéma pour voir les images et on se passionnait pour les séquences d’actualités avant les films (actus qui pouvaient avoir un mois environ, on est loin du tweet en temps réel !).

Puis l’on eut envie de se divertir, car enfin c’était permis ! Et pendant les séquences diffusées avant les films et juste après le documentaire incontournable sur des sujets pas toujours passionnants, on découvrait la vie et les visages des artistes, chanteurs, acteurs… ou des membres de la famille royale d’Angleterre car l’actu people, ça ne date pas d’aujourd’hui !).

De la radio à la télévision

C’est dire l’engouement que connut la télévision quand ce fut possible de recevoir chez soi ces mêmes images, sur un écran noir et blanc … C’aurait pu être le début de la fin pour la radio, les vieux appareils encombrants furent vite remisés dans les greniers.

La génération qui a suivi a souvent emboîté le pas, conférant au petit écran le rôle principal dans le salon, ce qui a changé considérablement l’organisation intérieure des maisons. Là où autrefois la cuisine et le coin salle à manger occupaient la majeure partie de l’espace, la famille se retrouva désormais alignées face à l’écran au lieu de se tenir en cercle autour de la table pour écouter la radio. On peut dire que les vendeurs de canapés et de tables basses doivent leur fortune à cette évolution !

Radio transistor
Le transistor, la radio des années 60. So rétro…

La radio : l’adolescence entre en résistance

Dans les années 60, 70, époque de grand bouleversement musical, seule la radio permettait d’écouter la musique qu’on aimait, de découvrir plein de nouveaux groupes, de suivre les sorties d’albums et l’actualité des concerts, et surtout d’échapper à l’omniprésence de la télévision dans le salon familial.

L’adolescent ne disposant pas de son propre écran de télévision dans sa chambre, et n’en ayant aucune envie au vu du nombre restreint de programmes susceptibles de l’intéresser, n’avait donc que la radio pour pouvoir s’informer des nouveautés qui sortaient dans le monde de la musique pop-rock si peu présente à la télévision qui n’avait encore qu’une puis deux chaînes.

Avoir son petit poste de radio dans sa chambre, c’était l’équivalent du téléphone portable de maintenant, à la différence qu’aucun géant de la communication ne s’infiltrait dans votre vie privée ! Le fait d’écouter le pop club de José Artur ne renseignait personne sur vos goûts musicaux, sauf éventuellement vos parents qui venaient vous rappeler qu’il était l’heure de dormir parce qu’on avait cours le lendemain « oui, oui, j’éteins, promis, je finis juste d’écouter cette chanson… »

C’est ainsi que petit à petit, la radio est redevenue un symbole de résistance à l’occupant, non pas celui de la guerre, mais celui qui avait subrepticement envahi le salon et tentait d’imposer à la famille sa vision du monde quelque peu rétrécie.

On essayait de capter les ondes britanniques, comme nos parents et grands-parents, mais pas pour écouter les messages codés de la résistance, sinon pour espérer entendre les Beatles et les Stones quelques minutes sur les ondes.

Micro d'enregistrement
Le micro, sa qualité est primordiale à la radio…

Radios libres et contre-culture

En France, la radio était alors sous monopole d’État, comme la télévision, et il n’entrait pas dans ses missions de service public de présenter à la jeunesse française des images d’un quatuor de chevelus anglais ou de diffuser la musique d’un américain qui dansait le rock dans une prison !

Le saviez-vous ? C’est pour cette raison que les radios qu’on appela longtemps radios périphériques s’installèrent en Andorre, au Luxembourg, à Monaco pour pouvoir émettre hors du contrôle d’Etat exercé par l’administration française. Et oui, c’est bien de l’origine des stations RTL, RMC qu’il s’agit !

Au début des années 70, un phénomène vint perturber le paysage sonore avec l’avènement des radios libres, initialement appelées radios pirate, le bonheur de la contre-culture, du moins au début. La plus célèbre, Radio Caroline, une radio anglaise, émettait au large des côtes depuis un bateau, et quand on arrivait à la capter en France, on avait de la chance, ça grésillait pas mal et dans notre pauvre petit poste, la musique des Doors ou des Who était bien peu mise en valeur sur le plan de la qualité sonore, mais quel bonheur !

C’est en 1981 que fut supprimé le monopole de l’Etat sur la diffusion radiophonique et télévisuelle, le gouvernement répondant ainsi à la revendication de liberté d’expression portée par des intellectuels et universitaires. Mais ce qui advint ensuite ne fut pas l’arrivée sur les ondes FM de multiples stations culturelles ou musicales, car, évidemment, la publicité s’en mêla, et l’on connait la suite…

Pourtant, il reste des radios libres sur la bande FM et/ou sur le web, qui continuent à travailler pour nous donner de la musique et des émissions de qualité, promouvoir les associations et événements locaux (Radio G, Radio Campus à Angers, bravo à eux !). Assister à l’enregistrement d’une émission que ce soit dans les locaux imposants de Radio France ou ceux d’une petite radio locale, croyez-moi, c’est impressionnant. On peut aussi regarder ses radios sur YouTube maintenant, et voir nos chroniqueurs se tordre de rire en direct, à recommander pour les jours gris à tous points de vue !

La radio, le média qui évolue !

On le sait, aucun média ne chasse l’autre, ce qui change et parfois disparait, ce sont les appareils de diffusion. Ceux qui pensaient que la radio un jour n’existerait plus en sont pour leurs frais, et qui aurait encore envie de se passer des informations qu’on peut écouter à toute heure – grâce au web et aux podcasts – de la musique en continu, ou encore des chroniques de quelques humoristes (personnellement, je suis fan de Guillaume Meurice !) ?

Il y a dans mon amour pour la radio une part de cette sensation de la liberté par rapport à ce qui m’apparaissait déjà à l’époque comme un insupportable matraquage d’idées toutes faites. En réalité, écouter la radio, c’est une vraie forme d’indépendance : pas de tracking, sauf bien sûr si vous téléchargez l’appli de votre fréquence préférée sur votre téléphone ou si vous l’écoutez via votre ordinateur, ce que j’ai fini par faire comme tout le monde, pour profiter par exemple des radios à thème de FIP, ce qui permet de passer du jazz au rock ou aux musiques du monde selon l’humeur et l’heure de la journée.

RPoste de radio dans une voiture rétro
Sur la route, à l’aventure, à l’écoute de la radio.

Et que seraient les longs voyages en voiture sans elle ? Evidemment, je vous parle des radios de Radio France, France Inter « Pour ceux qui ont quelque chose entre les deux oreilles » (vieux slogan !), France Culture, France Musique, FIP, parce que les radios libres, on l’a compris, ce n’est plus qu’une expression vide de sens qui qualifie des stations totalement envahies par la publicité et les jeux promos… Bien qu’il y ait maintenant de la publicité sur les radios d’État, cela reste limité, heureusement !

 

L’objet radio

Impossible de parler de la radio sans évoquer l’objet, le poste de radio. Le plus vintage, le meuble radio des années cinquante. Celui qui trônait dans le salon de mes grands-parents devait peser pas loin d’une centaine de kilos, mon grand-père ébéniste l’avait fabriqué, laissant à mon père le soin de gérer la partie électronique puisque c’était son métier. Bois brun, boutons de bakélite, ampli à lampes et toile tissée serré sur le haut-parleur large comme un écran de PC, c’était un très beau meuble que je regrette toujours. Et surtout, ce qui me fascinait, c’était l’écran de réglage des ondes courtes avec ces villes mystérieuses dont le nom s’affichait : Bratislava, Zagreb, Tirana…

Postes de radio vintage
Des postes de radio vintage très recherchés…

Puis apparurent les premiers postes de dimension plus faciles à caser sur un buffet dans les salons réduits des appartements modernes, avec leurs grosses antennes télescopiques. Des sortes d’ancêtres du sound system, mais pas encore transportables puisque reliés à une prise de courant. Ils furent bientôt chassés par des appareils de plus en plus petits, les transistors, qui devinrent autonomes avec l’arrivée des postes à piles, à peu près en même temps que la bande FM qui est devenue la seule vraiment écoutée (et menacée de disparaître dans certains pays pour laisser la place uniquement à l’écoute via le web).

L’obsession de la miniaturisation, dans les années 70, plus le développement de l’objet publicitaire « made in Taïwan », ont entraîné ensuite la fabrication de radios de plus en plus petites, au format d’un taille-crayons (idéal pour glisser en douce dans sa trousse au lycée), reproduisant « coccinelles » VW ou Tour Eiffel, Batman ou lapin nain… mais c’est un monde mercantile qui m’intéresse peu 😉

Enfin, on eut des radios K7, des chaînes hi-fi avec des tuners aux performances inégalables, des baladeurs radio, et maintenant des enceintes Bluetooth que l’on promène dans toute la maison, avec plus ou moins de qualité sonore évidemment, mais avec tout cela, la radio n’est pas prêt de disparaître !

Créativité et radio

En tant que rédactrice, je continue à me régaler des noms de certaines émissions, et je m’en voudrais de ne pas terminer sur ce point. Impossible de les citer toutes mais quand même « L’oreille en coin » disparu en 1980, « Le tribunal des flagrants délires » avec Pierre Desproges, « Des Papous dans la tête » (mon préféré !), « Du grain à moudre », joli nom pour une émission où l’on débat de l’actualité, « Le masque et la plume » émission culte, indétrônable, parfois aussi agaçante que fascinante sur l’actualité du livre et du spectacle, « J’vous ai apporté mes radios» de Guy Carlier, « Là-bas si j’y suis » l’émission très contestatrice de Daniel Mermet.

Allez, je m’arrête, non sans un grand merci à ma meilleure amie, qui m’avait offert dans les années 80 un petit Sony qui ne m’a pas quittée jusqu’à ce qu’un jour de 2018, il ne meurt de sa belle mort d’objet culte. J’étais presqu’en larmes… et elle est arrivée un jour avec son remplaçant dont j’espère qu’il me fera encore 40 ans au moins, car JAMAIS SANS MA RADIO !!!

A bientôt !
Corinne

à la Une

La méditation

La méditation : beaucoup ont adopté cette pratique, pour leur plus grand bien. Comment pratiquer, dans quel but, quels bénéfices en tirer, éléments de réponse avec une écrivaine et un tennisman, entre autres !

Bonjour, bonjour,

La première fois que j’ai entendu parler de méditation, on était dans la fin des années soixante et je lisais un article dans Melody Maker, le magazine anglais qu’on s’arrachait dans 2 ou 3 points de vente à Paris, où l’on vivait dans un manque permanent d’informations sur nos groupes de musique. Qui à l’ère d’Internet et des réseaux sociaux peut encore imaginer une telle pénurie ?!

On y apprenait que les Beatles avaient rencontré un yogi renommé en Inde, le Maharashi Mahesh, et peu de temps après, les Beatles et quelques uns des Rolling Stones s’envolaient pour un ashram dans un avion sans doute privé, cela permet de mieux planer, comme chacun le sait…

Photo des Rolling Stones avec le Maharashi Mahesh
Période un peu illuminée chez mes rockers préférés…

Seul rock star à résister à l’époque, Keith Richards, qui se vanta un jour « d’être le seul à ne pas avoir baisé les pieds du Maharashi ». J’avoue qu’à l’époque, j’avais l’esprit plus rock que mystique, et j’avais applaudi des deux mains mon guitariste préféré.

En réalité, je n’ai pas tellement changé, et vous allez sûrement trouver mon introduction assez irrévérencieuse… Mais je n’y peux rien, 10 ans d’études dans un établissement privé catholique, ça vous laisse soit totalement béat.e, soit plus que sceptique dès qu’on vous propose d’adhérer à une religion, même nimbée des atours de l’orient…  Je respecte les religions, cela dit, lorsqu’on n’essaie pas de me les imposer, mais moins de révérence et plus de science, telle serait ma devise !

Et si j’ai traversé une partie des seventies avec une écharpe de Bénarès autour du cou, ce n’est pas pour autant que j’ai renoncé à mon esprit critique, entretenu dans ces mêmes années par des études de philo à l’université de Nanterre. En quelque sorte le parcours idéal pour contrebalancer l’esprit qui régnait dans l’institution religieuse que je venais de quitter le bac en poche.

Les années passant, je vois autour de moi plein de gens se mettre à la méditation, et les pages sponsorisées que Facebook glisse habilement (enfin presque !) sur mon fil d’actualité m’amènent à m’intéresser de plus près au sujet, d’autant que je n’en suis jamais très éloignée avec les arts martiaux, le yoga et le qi gong, disciplines que j’apprécie beaucoup et sur lesquelles j’ai rédigé quelques articles précédemment.

Au-delà de la crédulité des adeptes, qui n’épargne aucune religion, je me suis demandée ce qui pouvait les attirer à ce point pour qu’autant de personnes adoptent la pratique de la méditation. La plupart d’entre nous, nous avons mené notre petit bonhomme de chemin avec l’aide des moyens du bord, parfois quelques séances de psy, parfois, c’est moins glorieux, mais on n’est pas là pour se mentir, avec l’aide d’un bon verre ou deux de Bordeaux, mais sans avoir besoin de recourir à ce qui semble être devenu le must du développement personnel. Alors, j’ai voulu en savoir plus.

Méditons, mes ami.e.s, méditons… et surtout sans médire 😉

Méditation et religion

Pour commencer, il faut se rappeler que la pratique de la méditation – comme celle du jeûne, du silence et de la prière – était bien au départ une pratique religieuse, prônée par toutes les religions du monde, qu’elles soient originaires d’Asie ou d’Occident.

Bouddhisme, hindouisme, islam, christianisme ont en commun de recommander la méditation comme exercice spirituel. Cela peut être un simple rituel de dévotion, une préparation à la prière, une recherche de sérénité, une forme de repli sur soi pour mieux concentrer ensuite ses pensées sur l’essentiel. L’art de la méditation peut aussi se transformer un véritable entrainement mental, fait d’exercices de développement des facultés sensorielles.

Alexandra David-Neel, sur le chemin de Lhassa
Alexandra David-Neel sur le chemin de Lhassa

Je vous ai parlé récemment d’Alexandra David-Neel, cette extraordinaire artiste, écrivaine, aventurière, anarchiste, féministe, et convertie au bouddhisme. Elle vécut son initiation en suivant toutes les étapes réservées aux plus grands yogis tibétains. Elle décrit dans son livre « Mystiques et magiciens du Tibet » la pratique du toumo, qui permet de contrôler la température de son corps. Les moines se livraient à des sortes de concours consistant à sécher le plus grand nombre de draps plongés dans l’eau glacée puis enroulés autour d’eux.

Malgré l’immense admiration que j’ai pour cette femme qui aurait eu 150 ans le 24 octobre de cette année – et ce sera mon humble hommage que de publier cet article aujourd’hui – je n’arrive pas à imaginer que je pourrais pratiquer une religion qui m’intéresse au plus haut point mais à laquelle je suis incapable d’adhérer.

Alexandra était fille de franc-maçon, franc-maçonne elle-même et anarchiste. Quelle conversion… Je reste captive à la lecture de ses récits si bien écrits, à la fois documentés et toujours empreints d’une inextinguible soif de connaissance. En tous les cas, j’aurais bien aimé apprendre ne serait-ce qu’un début de maîtrise de ma température corporelle, moi qui suis une grande frileuse !

Méditation et performance

Tout cela ne laisse pas de nous poser des questions, et les plus sceptiques d’entre nous, même s’ils ne sont pas vraiment convaincus, savent que malgré tout, des maîtres de la méditation ont marqué l’histoire de cette pratique par leur capacité à contrôler totalement leurs sensations, leur respiration, au point de s’arrêter de respirer pendant de longues minutes. C’est ce qui explique que les plongeurs en apnée soient le plus souvent des adeptes du yoga, et que les pratiquants de haut niveau aient un entraînement intégrant la méditation.

Dans la pratique du yoga, ou du moins de certaines formes de yoga (si vous voulez, voir mon article ici), la méditation est basée sur un travail du souffle, destiné à se libérer des émotions génératrices de stress. Il existe une quantité d’exercices de respiration visant à une relaxation totale qui permettra ensuite à l’esprit de se reconnecter au monde et de se concentrer sur l’essentiel.

Novak Djokovic
Novak Djokovic, concentré sur le point

Etant une fan de tennis, je suis de près tout ce qui concerne mes champion.ne.s et je sais que Novak Djokovic est un adepte de la méditation de pleine conscience. Au tennis, il faut oublier immédiatement le point perdu pour se concentrer sur le point suivant, comme dans tous les sports d’ailleurs. Sauf que dans le cas du tennis, les points s’enchaînent les uns après les autres sans répit, et c’est en général ce qui fait la différence dans un match entre deux athlètes de même niveau, la capacité de concentration, autrement dit le contrôle des émotions.

La méditation est également très présente dans les plus traditionnelles des écoles d’arts martiaux, qui alternent séances d’entraînements physiques extrêmement soutenues avec des temps réservés aux arts martiaux internes, tai-chi et qi gong, qu’on appelle aussi pratiques méditatives.

Méditation : ouvrir ses chakras

Ouvrir ses chakras, l’expression est pratiquement passée dans le langage courant, à plus ou moins bon escient parfois, et souvent avec une ironie non déguisée.

C’est l’exercice le plus connu dans la pratique de la méditation, qui consiste à ressentir les 7 points d’énergie vitale présents dans notre corps, qui vont du périnée à l’emplacement de la fontanelle (qui se referme après la naissance mais est toujours là), au-dessus de notre crâne. Si vous avez déjà pratiqué le yoga, vous savez sans doute que cet apprentissage est un travail de longue haleine, qui doit être entrepris avec un professeur réellement entraîné, car une mauvaise pratique peut avoir des conséquences tout à fait néfastes sur un esprit mal préparé à cet enseignement.

En effet, les chakras sont des sortes de régulateurs internes, de petits générateurs d’énergie que nous avons bien ou mal utilisés face aux épreuves physiques ou émotionnelles. Et ce d’autant plus que nous n’en avions jamais entendu parler, ni dans notre éducation traditionnelle, ni dans notre médecine occidentale peu encline à chercher dans les savoirs anciens des solutions à nos maux, physiques ou mentaux.

Pour les remettre en route, pour rouvrir ces fameux chakras, donc, il faut faire comme avec tout moteur qui n’a pas été utilisé depuis longtemps, le mettre en route doucement, l’écouter reprendre son rythme, et passer les vitesses tout doucement. Une comparaison peut-être un peu irrespectueuse mais qui a le mérite d’utiliser un langage clair pour de pauvres occidentaux matérialistes. Et puis comme je suis une motarde (ah bon je ne vous l’avais pas encore dit ?!) j’ai tendance à me servir de mots extraits de ma grammaire mécanique, plus basique 😉

Ceci vous expliquera sans doute que mon expérience du yoga en est restée à un stade réellement un peu « primaire », ce que je regrette parfois, mais j’ai une réticence évidente à entrer dans une pratique qui laisse peu de place à l’improvisation, tout en admettant les bienfaits évidents de la discipline.

Et c’est un peu cela mon idée, prendre le meilleur de tout ce que nous pouvons rencontrer d’idées ou de pratiques sur notre chemin, sans se laisser enfermer dans un mode de pensée plaqué de l’extérieur sur notre personnalité. Autrement dit, lire, s’informer, avoir une démarche critique et retenir ce qui est bon pour notre santé physique et mentale, et pour la bonne santé du monde qui nous environne, car tout est lié, et de cela au moins, je suis certaine.

Femme assise face au soleil
Méditation face au soleil : fermer les yeux et se recentrer sur l’essentiel, retrouver sa sérénité…

Méditation et santé

Puisque nous en venons à parler de notre santé, il est temps de se poser la question : est-ce que méditer a des effets positifs sur la santé ?

Là, je n’ai lu que des études qui prouvent que la réponse est clairement oui. A partir du moment où l’on fait un vrai travail de relaxation, comme au cours d’une simple séance de stretching ou de yoga, nous permettons à notre organisme de bénéficier d’un temps de repos, c’est le fameux lâcher prise.

Évacuer le stress est en soi une démarche qui ne peut être que bénéfique, quand on sait que le corps prend sa part de toutes les émotions négatives, pour la plupart d’entre nous, au niveau de la colonne vertébrale ou de l’appareil digestif. En évacuant, même provisoirement nos émotions négatives, nous dormons mieux, digérons mieux,  nous faisons plus facilement face aux petits tracas du quotidien.

La méditation va plus loin que la simple relaxation, en nous permettant de nous recentrer sur nous-mêmes, en nous aidant à lutter contre les agressions extérieures, qu’elles soient liées à notre environnement, notre travail ou nos problèmes relationnels.  Loin d’être une démarche de repli sur soi, elle va permettre de prendre conscience de la façon dont nous absorbons les événements, nous aider à les affronter ensuite en évitant les attitudes de fuite (déni, stratégies d’évitement…) ou les réactions d’agressivité qui ont les plus courantes en cas de conflit, et retrouver une forme de sérénité.

Je ne suis pas une adepte de la littérature de développement personnel, car je crois qu’on a beaucoup de pseudo-thérapeutes qui ont surfé sur une vague très porteuse. La méditation de pleine conscience, sujet qui revient dans nombre de publications, est en réalité une adaptation à l’occidentale de la 3ème voie de la sagesse que le bouddhisme décrit comme celle qui suit la phase d’apprentissage, puis celle de la compréhension intellectuelle. Cette 3ème voie de la sagesse permet de comprendre la réalité ultime, la sagesse suprême, mais ne vous y trompez pas, ce sont des années de pratique qui vous ouvriront cette voie si vous décidez d’adopter la religion bouddhiste.

La seule chose dont je peux témoigner, pour en avoir vu les effets sur des proches, c’est que la méditation peut être une alternative d’une grande efficacité en cas de syndrome dépressif, car elle remplace très efficacement les thérapies médicamenteuses.

Par ailleurs, elle reste un des meilleurs moyens de retrouver nos facultés de concentration souvent mise à mal par nos rythmes de vie, les perturbations du quotidien et le défilement permanent des informations sur nos écrans. Enfin, acquérir la maîtrise de la respiration, c’est augmenter ses capacités physiques en apportant davantage d’oxygène dans le sang, qui irrigue mieux les organes et aussi le cerveau, et retrouver le bonheur de sentir son corps fonctionner de mieux en mieux, profiter de plus longues randonnées, escalader, nager, ou bien sûr tenir plus longtemps sur un court de tennis 😊

Méditation et sommeil

L’un des effets les plus bénéfiques et les plus faciles à pratiquer au quotidien, c’est une forme très simple de méditation qui consiste à favoriser l’endormissement quand on a du mal à trouver le sommeil.

Commencez la méditation par visualiser un lieu agréable, un ruisseau de montagne, une petite crique au bord de l’océan, une forêt dans laquelle vous aimez vous promener. Si cela peut vous aider, imaginez que vous y êtes accompagné.e par une personne qui symbolise pour vous une sorte d’ange gardien bienveillant, que cette personne soit réelle ou imaginaire, peu importe.  Laissez venir les pensées et surtout n’essayez pas de chasser les pensées négatives. L’énergie que vous dépenserez à tenter de les évacuer ne vous laissera pas assez de force pour mettre en oeuvre les pensées positives, apprenez à les accepter car elles font partie de votre vie. Petit à petit, en associant cette démarche à une respiration contrôlée, vous vous sentirez probablement glisser doucement vers le sommeil.

Autre méthode très simple pour s’endormir même les jours un peu chargés de soucis : un exercice de respiration, qui consiste à poser ses mains sur son ventre, inspirer en gonflant d’abord le ventre, puis remonter les mains jusqu’à la poitrine en gonflant progressivement les poumons, bloquer la respiration quelques secondes (4 environ, pas plus) puis laisser l’air repartir par le nez en refaisant le chemin inverse. L’expiration doit être plus longue que l’inspiration. Au bout de quelques inspirations-expirations, vous devez vous sentir déjà beaucoup plus détendu.e. Vous pouvez aussi le faire dans la journée : en cas de gros coup de stress, avant une réunion de travail un peu tendue, pour préparer un rendez-vous important etc… Vous ne vous endormirez pas au bureau (ça m’est arrivé mais pour d’autres raisons !), mais vous serez plus à même de réagir calmement en situation de conflit.

Je profite de l’occasion pour dire un grand merci à l’un de mes fils, adepte de la méditation de longue date, qui m’a indiqué ces petites techniques très faciles à mettre en pratique, même si l’on n’a pas la chance d’avoir devant soi tous les jours un paysage aussi beau que la photo que j’ai choisie pour illustrer cette publication !

Voilà mes quelques réflexions sur la pratique de la méditation, j’espère que vous aurez trouvé cet article intéressant, en tous les cas, si vous essayez, vous me direz si ça marche pour vous ?

A bientôt,
Corinne

 

à la Une

Cosmétique et greenwashing

En matière de cosmétique, le mensonge est roi et l’éthique souvent au plus bas. Comment s’y retrouver entre cosmétique naturelle et bio ? Consommer mieux pour préserver la biodiversité, c’est à nous de nous engager.

Bonjour, bonjour,

Depuis ma dernière recherche sur les crèmes miracles (voir mon article ici), j’ai voulu en savoir plus sur ce qui se cache derrière les marques qui nous vendent du « naturel » avec force arguments généralement très bien tournés mais pas toujours honnêtes.

Vous l’aurez compris, c’est surtout le greenwashing qui sera visé dans cet article, parce que dans l’univers sans foi ni loi des multinationales de la chimie et de la cosmétique, mentir est une tradition.

Pourquoi ? Parce que ce marché est un des plus porteurs au monde, il se vend chaque seconde pour 3 500 € de produits cosmétiques dans le monde (étude Oleassance).

Le greenwashing, c’est l’art de faire passer des vessies pour des lanternes, les lanternes du marketing émettant de jolies lumières vertes pour vous faire croire que le produit est aussi naturel que ce petit organe interne, pas très glamour, certes, mais indispensable à l’élimination de nos déchets…

Vous allez donc acheter avec le sentiment tout à fait valorisant de participer à la sauvegarde de la planète, une crème, un shampoing, une huile de massage etc… en étant persuadé.e de consommer un produit respectueux de l’environnement, alors que :

  1. Ses composants sont potentiellement dangereux pour l’organisme (naturel ne veut pas dire bio)
  2. Il est produit dans un pays dont les ressources sont pillées par l’industrie cosmétique (entre autres)
  3. La marque appartient à une multinationale peu scrupuleuse en matière d’éthique et d’environnement
  4. Ses produits sont testés sur les animaux pour conquérir – notamment – le marché chinois

Allez, on commence par les sujets qui fâchent, comme ça, on se garde tout plein d’infos agréables pour la fin !

Avocats utilisés en cosmétique
L’avocat, « or vert » et cosmétique

Cosmétique, déforestation et pesticides

On l’aurait presqu’oublié, pourtant il est numéro un sur le podium des cosmétiques dits naturels depuis des décennies : l’avocat. La demande mondiale étant croissante pour ce fruit très apprécié pour sa qualité nutritionnelle comme pour ses vertus en cosmétique, sa culture se répand au détriment de cultures moins gourmandes en eau. Il faut environ 1 000 litres d’eau pour produire 1 kg d’avocat. Les importations ne faisant qu’augmenter, récemment en Chine où l’on en consomme de plus en plus, je vous laisse imaginer l’empreinte carbone du kilo d’avocat…

Pire encore, le marché de ce fruit qu’on appelle « l’or vert » est devenu tellement « juteux » qu’au Mexique, principal exportateur de l’avocat, ce sont les cartels de la drogue qui s’y intéressent de plus en plus. Comme ces mafias locales se soucient de la vie des peuples indigènes ou des petits paysans comme de leur première mitraillette, la culture de l’avocat devient synonyme de déforestation, voire de déplacements de populations pour s’approprier les terres propices à la plante. L’agriculture bio n’étant pas leur spécialité, ils déversent des tonnes de pesticides sur les plantations, et l’on assiste depuis quelques années à une anormale recrudescence des malformations congénitales dans les régions de production.

On l’aura compris, si vous achetez un avocat, choisissez le bio, ce sera déjà une première précaution.

Quant à son utilisation en cosmétique, objet de cet article, si vous regardez les flacons des produits proposés dans la grande distribution, vous y verrez de l’huile d’avocat, certes, mais surtout un maximum de produits chimiques dont certains dérivés de l’huile de palme

Je n’ai pas besoin de vous rappeler les conséquences dramatiques de l’exploitation de l’huile de palme sur les forêts d’Indonésie et autres pays producteurs, cette vidéo d’un orang-outan dans sa forêt dévastée de Bornéo s’attaquant à une pelleteuse a fait le tour du monde (à voir ici). Mais sans que cela n’ouvre les yeux ni de nos industriels, ni de nos gouvernants. A nous donc de « faire le job » et de boycotter ces produits. D’ici 2020, l’orang-outan pourrait avoir disparu de notre planète…

Les produits cosmétiques que l’on trouve en grande surface appartiennent à des marques qui emploient des méthodes bien rôdées pour nous vendre du soi-disant naturel, car ils étudient de près nos envies de santé, de beauté et de plus, la vogue des produits exotiques ne faiblit pas, puisque bien entretenue par la publicité.

On nous parle à la fois nature, voyage et exotisme, et on achète les yeux fermés. Les premiers responsables du greenwashing sont les professionnels du marketing, certes, mais aussi les consommateurs peu soucieux de vérifier les informations contenues sur les étiquettes. A leur décharge, lire ces étiquettes demande une bonne dose de patience, des recherches sur Internet ou un doctorat en sciences… Or ces étiquettes nous renseignent, même mal, sur la dangerosité des substances contenues dans nos crèmes ou gels douches, qui y figurent avec un pourcentage beaucoup plus important que l’huile d’avocat (ou le monoï, la grenade, la vanille ou l’ylang-ylang…)

Oiseau au milieu de la forêt tropicale
Forêt tropicale primaire et biodiversité

Cosmétique et biopiraterie

En plus de favoriser la culture de plantes ou de céréales avec les conséquences que l’on sait sur l’environnement, l’industrie cosmétique se livre parfois à un pillage en règle des ressources d’un territoire que ses habitants protègent par leur mode de vie respectueux de la nature et de ses ressources.

La biopiraterie consiste à s’approprier, par le biais de dépôt de brevet, donc en toute « légalité », une semence, une plante ou une fleur « découverte » et identifiée pour ses vertus médicinales. Si je mets les deux mots entre guillemets, c’est bien que la question de la légalité d’un brevet se pose, lorsqu’il est accordé pour une soi-disant découverte, alors qu’il s’agit d’une plante utilisée par la population autochtone depuis des millénaires !

Actuellement, des ONG répertorient les connaissances et savoirs des habitants de ces régions particulièrement fragiles, pour démontrer l’illégalité de ces brevets et faire valoir l’antériorité de l’usage des plantes ou semences par les peuples premiers.

Au Pérou, dans les Andes et à très haute altitude, il existe une plante, le « maca », qu’on appelle aussi le ginseng péruvien, voire même le « viagra péruvien », inutile donc que je vous en précise les vertus. Cette plante a fait l’objet d’un dépôt par une firme peu scrupuleuse, qui flairait déjà une opportunité de vente à destination de la Chine, toujours friande d’aphrodisiaques. Au moins, ce commerce ralentirait peut-être, en cas de succès sur le marché, la chasse au rhinocéros…

D’ailleurs, les Chinois veulent en produire sur les hauteurs de l’Himalaya où le climat est comparable à ceui des Andes. De nombreux recours ayant été déposés, l’Office Européen des brevets a rejeté comme illégale cette demande d’enregistrement.

La fondation France Libertés a fait de la lutte contre la biopiraterie une de ses priorités. Pour le moment, la protection vise surtout les plantes reconnues pour leur efficacité contre certaines pathologies, ou pour leur valeur nutritive, mais c’est un début pour protéger aussi les plantes destinées à l’industrie cosmétique, et favoriser la lutte pour la biodiversité, car on sait ce qu’il advient d’une plante lorsque l’industrie met la main dessus…

Cosmétique et commerce équitable

Un bon exemple, le beurre de karité. Ce beurre étant issu de la récolte d’un arbre qui met trente ans à produire, sa commercialisation n’est donc pas synonyme de déforestation, au contraire. Et la mode du beurre de karité est une chance pour l’agriculture africaine, car elle permet à des villages de nombreux pays d’espérer un niveau de vie plus élevé. Au Burkina Faso, notamment, le gouvernement soutient la production du beurre de karité, principalement assurée par des femmes réunies en collectifs de production.

Dans ce pays, la marque l’Occitane s’est engagée sur le long terme dans un partenariat avec un prix d’achat soutenu qui lui permet d’importer les quantités dont elle a besoin tout en favorisant les productrices locales. Je n’ai pas beaucoup d’attrait pour cette marque dont les produits ne sont pas tous de très bonne qualité, ni bio (la filière karité s’engage actuellement dans cette voie) mais il semble qu’il y ait un réel effort de la marque, avec au bout un positionnement qui ne pourra que renforcer ses ventes, certes, mais aura un impact positif sur les producteurs locaux.

Par contre, cette marque vend en Chine et cela implique l’obligation pour le fabricant de procéder à des tests sur les animaux, autre sujet qui en plus de fâcher, tue.

Petit lapin à tête de bélier
L’image se passe de commentaire, non ?

Cosmétique et tests sur les animaux

S’il y a un sujet qui me met en colère, c’est bien celui-ci. Tester un rouge à lèvres sur l’anus d’un lapin, ou un sérum « de beauté » ( beauté du geste ?!) dans ses yeux, à notre époque, me semble totalement irresponsable, criminel et cynique. Ces tests sont censés vous garantir l’innocuité d’un produit, or, en l’état actuel de nos connaissances c’est parfaitement inutile. Et n’allez pas imaginer que ces animaux de laboratoire sont traités comme vous soignez votre joli lapin nain à tête de bélier dans la maison familiale…

La législation européenne est assez complexe sur ce sujet, et l’arrêt des tests sur les animaux ne concerne que certains produits purement cosmétiques, alors qu’elle les autorise sur d’autres produits de consommation, tels que produits ménagers, conservateurs et parfums.

Or il existe de nombreuses possibilités de tester sur des tissus reconstitués in vitro qui sont tout aussi fiables, et même la Chine commence à cesser d’exiger les tests sur animaux vivants, sauf pour de trop nombreux produits encore…

En attendant, parmi les produits les plus inoffensifs de l’industrie cosmétique, les produits bio et cruelty free sont en tête de tous les classements (enquêtes régulièrement menées par les associations de consommateurs). Dont acte…

Cosmétique et production locale

Le bon exemple, l’aloe vera, qui est entré depuis de nombreuses années dans la catégorie poids lourd de la cosmétique naturelle. L’aloe vera est produit dans des fermes dans le monde entier, notamment au Mexique, et aussi en Europe, France, Espagne, Italie… L’aloe vera a besoin de soleil pour pousser, mais j’ai même trouvé une productrice à Pouldreuzic, un petit coin du Finistère que j’aime tout particulièrement, et qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’y a pas assez de soleil en Bretagne, cultiver sous serre, ça se fait aussi pour l’aloe vera ! Soit dit en passant, Pouldreuzic est le siège historique de la maison Henaff, et de son célèbre pâté, pas franchement bon, ni bio et encore moins végan, mais ça fait partie du patrimoine breton au même titre que les conserveries de sardine, et le marketing aime les histoires à raconter le soir à la veillée, au coin de la télé.

L’aloe vera serait une excellente plante non seulement pour nous, en médecine naturelle, comme en cosmétique, mais aussi pour l’environnement, puisque 20 plans d’aloe vera représentent la production d’oxygène d’un seul arbre, selon une association qui soutient sa culture dans le monde entier.

Cependant, les marques ayant réussi à nous faire acheter un produit qui nous semble devenu indispensable, forcément la demande augmente, et l’industrie cosmétique exerce une pression sur les zones de production, souvent au détriment des cultures locales essentielles à la survie d’une population. Le même sujet que pour le soja dans l’alimentation. Donc, on ne le répétera jamais aussi, informons-nous avant d’acheter, c’est le seul moyen de ne pas participer à une consommation irresponsable.

On trouvera donc des produits à l’aloe vera issu de cultures locales, et c’est une excellente chose. Par ailleurs, il existe dans le domaine de la cosmétique des marques qui ont fait le choix du commerce équitable, c’est le cas de la marque Pur Aloé, qui a souscrit à la charte du commerce équitable « operAequa », achète au Mexique en grande partie et aussi dans le sud de l’Espagne. Cette marque fabrique ensuite en France, des produits bio et d’excellente qualité à mon avis, et vous savez que mes avis sont absolument libres et désintéressés !

Voilà, j’ai essayé d’enquêter et je ne me suis pas trop trompée sur ma vision du monde de la cosmétique, que j’ai un peu connu professionnellement, et c’est sans doute pour cela que je cherche toujours à en savoir plus sur ce sujet qui nous concerne tou.te.s : la beauté et les produits que nous achetons pour hydrater, soigner, lisser notre peau fragile.

Mais au fait, est-elle fragile, ou fragilisée par des produits inadaptés et dangereux, c’est une question, non ?

A bientôt,

Corinne

à la Une

Le retour du vinyle

Le grand retour du disque vinyle, le bonheur de revoir des disquaires dans nos rues, c’est la musique en mode vintage pour le meilleur des sons dans nos amplis.

Bonjour, bonjour,

Aujourd’hui, c’est back to the seventies, (again !), mais comme d’habitude, pour mieux parler du présent ! Célébrons avec bonheur le grand retour du vinyle et des disquaires.

Imaginez des boutiques ressemblant à un vieux garage aménagé par des ados pour leur première « boum », et vous aurez une idée de la déco d’un magasin de disques rock des années 70 : posters, affiches de concert, pochettes de vieux disques au mur et enceintes hifi géantes, un bonheur.

Et bien regardez ce qui se passe en ce moment : les boutiques de vinyles ont refait leur apparition dans les rues de nos villes, et c’est comme si les années 70 prenaient leur revanche sur 50 ans de course à la médiocrité acoustique. Depuis les premiers CD jusqu’aux horribles fichiers MP3, que de décibels gâchés sortent d’appareils au design aussi sophistiqué que leur restitution du son est parfois insoutenable !

Le vinyle apporte à la musique une qualité de son incomparable, et avec le retour des disquaires, c’est pour les passionnés un immense plaisir, celui de fouiller dans les bacs, d’y découvrir des trésors de musique, des pochettes illustrées par des artistes incroyables, et surtout le bonheur de pouvoir parler avec un.e disquaire, métier qu’on avait cru menacé d’extinction…

Mes premiers vinyles

Au temps du 45 ou du 33 tours, les disquaires branchés rock n’étaient pas si nombreux que cela, et à Paris où j’habitais alors, le Discobole de la gare Saint Lazare était la référence. Avec pas moins de 4 lycées et autant de collèges aux alentours, dans ce lieu de passage permanent, le Discobole était le rendez-vous incontournable de l’époque. On y trouvait depuis toujours de la musique classique et du jazz, et enfin un énorme rayon pop-rock , où l’on avait un choix incroyable et les conseils de vendeurs fous de musique, comme leurs clients.

J’allais y chercher tous les albums des Stones le jour de leur sortie en France, et ceux d’autres groupes que vous ne trouviez que là : Doors, Jefferson Airplane, Grateful Dead, Janis Joplin, Frank Zappa, Cream, les Who, Rory Gallagher… Je m’arrête avant que vous ne lâchiez la lecture ! C’était le règne de l’import, le must de toute collection de disques.

Mon premier vinyle fut un 45 tours, acheté en Angleterre où mes parents avaient eu la bonne idée de m’envoyer en séjour linguistique, je ne les en remercierai jamais assez, quel été … C’était « Hello, I love you, won’t you tell me your name » des Doors. Pas de dessin sur le papier à l’époque, une simple pochette blanche que je rapportais comme un trésor, et c’en était un.

Pochettes de disques vinyle
Quelques pochettes historiques !

Les pochettes des vinyles

Blanches, bleues, beiges, telles étaient les pochettes de papier des 78 tours, puis des 45 tours sortis par des petites maisons de disques qui prirent le risque – ô combien rentable à terme pour certaines – de financer de parfaits inconnus qui débarquaient un jour dans les studios avec juste leurs instruments et trois dollars (livres, francs..) pour finir le mois.

Mon premier 45 tours des Doors était gravé chez Elektra, maison fondée par un étudiant passionné, qui vendra ensuite le label à la Warner. No comment. Entretemps, en deux ans, ce fut une explosion de titres, d’enregistrements, de concerts live de tous les groupes, et l’industrie du disque comprit très vite l’intérêt de produire des pochettes originales, créations de photographes, dessinateurs et d’artistes renommés, on pense à Andy Warhol bien sûr, mais aussi Keith Haring, Robert Rauschenberg, Dali, Vasarely, et plus récemment Basquiat, Bansky, Jeff Koons…

Parmi ces pochettes collectors, on peut citer de nombreux albums des Stones, « Sticky Fingers » par Andy Warhol, avec sa fermeture à glissière de jeans en gros plan qui fut censurée dans de nombreux pays, « Exile on main street » par le photographe Robert Franck, « Goat Head Soup » par David Bailey…

Celles dessinées par Roger Dean pour le groupe Yes furent de pures merveilles d’art psychédélique, notamment la magnifique couverture de l’album « Tales from topographic ocean ». D’autres, plus intimes comme le merveilleux portrait N et B de Patti Smith sur l’album « Horses » par son compagnon Robert Mapplethorpe, portent une histoire qui mérite un article, mais ne cherchez pas, lisez « Just Kids » de Patti Smith, et vous saurez pourquoi cette photo porte tant d’émotion…

C’est dire si le retour du vinyle permet aussi de retrouver tout ce qui fit de l’élan extraordinaire de la contre-culture des seventies un mouvement si riche et foisonnant que nous sommes encore dans cette exploration sans fin des liens entre musique et écriture, dessin et composition, danse et photographie, ad libitum…

La qualité de son du vinyle

Outre le fait que sortir un album vinyle de sa pochette a quelque chose d’un rituel qui vous place tout de suite dans un autre état d’esprit que de cliquer sur une touche d’Ipod ou de téléphone, le vinyle restitue un son analogique et non numérique. La technique de compression des sons au format numérique a pour principal désavantage d’écraser les données audio, et donc de provoquer des pertes qui évidemment se retrouveront décuplées à l’écoute selon la qualité du baladeur que vous utiliserez, et on ne parle pas du smartphone…

Les spécialistes peuvent vous parler d’un album en comparant les diverses qualités des vinyles « pressés » dans différents pays, sachant que tel ou tel sera meilleur si vous achetez la version gravée au Japon ou en Allemagne, en France ou au Canada.

Bien sûr, le vinyle est fragile, il faut le manipuler avec précaution, il faut savoir régler la platine, d’autant que les manuelles sont en principe les plus performantes, et changer régulièrement le diamant de lecture. Bien sûr, il faut investir un peu dans du bon matériel, ampli et enceintes de qualité, mais rien ne remplace l’ambiance sonore d’un vinyle, en fermant les yeux, vous serez sur scène avec les Stones, en studio avec Pink Floyd, à Woodstock avec Santana…

Le roman du vinyle

Avez-vous lu le désopilant livre « High Fidelity » de Nick Hornby ? L’histoire se passe en partie dans un magasin de disques au bord de la faillite parce que le caractériel associé et néanmoins meilleur ami du héros met à la porte le premier client qui ose demander un exemplaire de U2 ou Simple Minds, groupes qui ne méritent – selon lui – que d’être dissous par décret le jour où la révolution rock aura enfin eu lieu. Et le pauvre client de sortir apeuré en s’entendant interdire ne serait-ce que de repasser sur le trottoir du magasin. Scène d’une rare cocasserie…

Les personnages sont obsédés par le top 10 : les 10 meilleurs albums rock de tous les temps, bien sûr, mais aussi les 10 meilleurs solos de guitare, les 10 meilleurs batteurs du monde etc… de quoi réviser ses connaissances sur Led Zeppelin, Eric Clapton et les Stones !

Dans le roman, le plus beau cadeau qu’un garçon puisse offrir à sa petite amie, c’est une compil de ses morceaux de musique préférés, un hommage musical sur K7, qui aura pris des heures à son auteur pour choisir les morceaux, leur ordre d’apparition, bref, la playlist d’un amoureux au temps du vinyle et qui vient de découvrir la K7 audio…

Vraiment, si vous n’avez pas lu ce roman et que vous aimez le rock et l’ambiance des années 70, je vous le conseille, c’est un chef d’œuvre d’humour british ! J’avoue que je n’ai pas vu le film, comme souvent, j’ai eu peur d’être déçue, mais réalisé par Stephen Frears avec John Cusack, ça doit être quand même pas trop mal.

Boutique de disques vinyles
La boutique de disques vinyle ou la caverne aux trésors

Hommage aux disquaires

Heureusement, tous les disquaires n’étaient pas aussi extrémistes, mais chacun avait une idée très précise de la musique qu’il souhaitait faire écouter à ses clients. A une époque où on ne s’informait pas par le net, vous trouviez auprès d’eux des informations précieuses comme la date de sortie en France du prochain album des Stones, le nom du nouveau groupe allemand qui venait de sortir un album psychédélique qui arriverait prochainement « dans les bacs », les concerts à venir, la qualité de tel ou tel ampli, bref, on pouvait passer des heures à parler dans la boutique

Savez-vous ce qui a tué les disquaires ? Le rachat des petites maisons par les « majors », qui obligèrent un jour les magasins de disques à prendre tout leur catalogue et non à choisir en fonction de leur clientèle. Imaginez un spécialiste du blues obligé de vendre du Patrick Juvet et vous aurez une idée de l’état de dépression avancé de certains qui fermèrent boutique plutôt que de se transformer en vulgaires points de vente…

Mais ce qui les fait revivre, ce sont les labels indépendants qui enregistrent des groupes dont vous n’entendrez jamais parler si vous ne passez pas chez votre disquaire, et là, il ne s’agit pas de vouer un culte à l’objet vinyle, mais de permettre à des artistes d’enregistrer leur musique et de se faire connaître. Vous aurez peut-être envie de dire, quel choix curieux, il est tellement facile de diffuser ses œuvres sur le net, mais pensez-vous réellement qu’un artiste inconnu ait ses chances lorsque les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) ont la main sur le web et les réseaux sociaux ?

Et puis de nombreux groupes connus sortent des albums vinyle, il y a de nombreuses rééditions, de quoi trouver son bonheur et rentrer chez soi avec des trésors…

Alor, si on revoit aujourd’hui des disquaires dans nos rues, aux côtés de librairies indépendantes et de boutiques vintage, ce n’est pas qu’une mode passagère, ni même une ode au passé, c’est un élan qui nous pousse à partager des passions, consommer autrement et prendre de chaque époque ce qu’elle a de meilleur, une qualité de vie.

Toujours une petite info pour ceux qui habitent dans l’Ouest, à Angers ne ratez pas Exit Music for a drink, et à Nantes Comme à la radio, qui vend aussi du matériel hifi vintage 😊

A bientôt,
Corinne

à la Une

Le qi gong

Le qi gong, un art martial interne, né au Vème siècle en Chine dans le célèbre monastère de Shaolin, est un concentré de ce que peut nous apporter la médecine chinoise…

Bonjour bonjour,

Après mon article sur le yoga, j’avais envie de vous parler de mon expérience des arts martiaux chinois, qui a commencé (il y a pas mal d’années !) avec la pratique du wushu, à une époque où l’on disait plutôt kung fu et où les films de Bruce Lee faisaient salle comble dans les cinémas du Quartier Latin.

On était au début des seventies, et si toute une frange de la jeunesse, très influencée par le mouvement hippy, était attirée par la méditation et le yoga, l’autre découvrait les arts martiaux tels que le kung fu, le viet vo dao, le kendo, le taekwondo…

De mon côté, je ne voyais aucune incompatibilité entre mon côté ouvertement « peace and love », et la pratique d’un art martial enraciné dans la philosophie orientale, car il s’agissait autant d’une initiation intellectuelle et d’une découverte culturelle que d’un art du combat, c’est ce qui le rendait passionnant.

Je voyais aussi dans cette pratique une façon de prendre confiance en moi, et puis, j’avais cette idée que de savoir se défendre dans la rue, pour une fille, c’est toujours une bonne chose, même si, dans un monde idéal, on ne devrait pas avoir à penser à cet aspect de la question…

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Un film culte

Wushu ou qi gong ?!

J’aime toujours autant le wushu, avec ses enchaînements basés sur l’imitation des mouvements d’animaux comme le serpent, le tigre ou la mante religieuse, ses techniques impressionnantes dans certains styles acrobatiques et les armes utilisées dans de véritables chorégraphies.

J’ai eu l’occasion de voir les moines de Shaolin sur scène, c’était absolument magnifique. Au premier abord, ce spectacle ressemble plus à un show à l’américaine, une sorte de Shaolin Globe Trotters, très éloigné de l’esprit de la discipline. Pourtant, leur démarche vise à faire connaître leur art dans le monde entier et ce sont les moines qui ont atteint le plus haut niveau de pratique qui sont autorisés à participer aux tournées mondiales… Si vous vous intéressez aux arts martiaux et particulièrement au wushu, ne ratez pas cette extraordinaire démonstration, croyez-moi, vous en aurez le souffle coupé !

Aujourd’hui, soyons honnêtes, je fais partie de la silver generation, et même si je me repasse en boucle des films comme « Hero » ou « Tigre et Dragon », il faut se rendre à l’évidence, je n’ai plus le niveau ni l’âge pour me remettre au wushu. Pourtant, j’en avais bien envie, car moi qui suis un peu nerveuse, je serais plus du genre à pratiquer la boxe que la méditation pour relâcher les tensions d’une journée de travail !

C’est d’ailleurs un peu injuste de dire cela en parlant du wushu, dont seulement une partie est réellement orientée vers le combat, le sanda, alors que le sens profond du mot signifie plutôt l’art d’arrêter la guerre, aussi curieux que cela puisse paraître…

Le qi gong, un art martial interne

Donc, pendant une période professionnelle particulièrement difficile, j’ai voulu essayer une activité qui pourrait m’apporter un effet réellement relaxant. Le but : évacuer le stress de la journée grâce à une discipline qui est un concentré de philosophie et de médecine chinoise, le qi gong, un art particulièrement adapté aux seniors.

Le qi gong est né précisément dans ce monastère célèbre de Shaolin, en Chine, au Vème siècle, dans la lignée des gymnastiques taoïstes de longévité. Le sens de ce mot est évidemment difficile à rendre dans toutes ses nuances, mais il est généralement traduit par « maîtrise du souffle » ou « travail de l’énergie ».

Dans les arts martiaux, on distingue les arts martiaux internes et les arts martiaux externes, bien que cette distinction soit un peu trop simpliste pour les puristes, qui savent que les deux sont en relation permanente dans un apprentissage de haut niveau.

En effet, un art martial interne a pour principe d’apporter au pratiquant des bénéfices qui lui seront utiles dans l’exercice de son art, mais il a aussi pour objectif d’exercer une action préventive sur l’organisme de toute personne qui s’y adonne, par un contrôle de la respiration et une connaissance des organes vitaux et de leurs connexions.

Je m’explique : en médecine chinoise, on travaille sur les liens entre les fonctions vitales, les émotions, les cinq sens, les éléments et les saisons, tout cela passant par les méridiens. Par exemple, le foie, ainsi que son organe associé, la vésicule biliaire, est lié aux yeux qu’on appelle « les fenêtres du foie » et dans la pratique du qi gong, on travaillera cet organe, associé au bois et à la couleur verte, au printemps.

Un peu compliqué pour un cours où on vient chercher de la détente ?! Si vous n’avez pas envie de creuser la dimension « médecine interne » du qi gong, il suffit de penser que la respiration est ce qui amène l’oxygène dans notre sang, lequel irrigue d’autant mieux nos organes vitaux qu’il est débarrassé de ses toxines par un travail de respiration en profondeur destiné à libérer les bonnes énergies…

Et, rassurez-vous, on n’est pas obligé de tout retenir, il n’y a pas d’examen à la fin de l’année, pas de ceinture à passer comme au judo, le tout est d’être assidu au cours, et comme pour le yoga de pouvoir faire confiance à son professeur !

Posture de qi gong
Le regard et la main : deux points importants dans les postures de qi gong.

Le qi gong, lenteur et répétition

Les mouvements de qi gong sont extrêmement lents, et parfois, on peut rester dans la même position pendant de longues minutes, mais cette « posture » ne sera prise qu’après avoir parfaitement positionné toutes les zones du corps qui la rendent bénéfique pour l’organisme.

Si vous allez un jour en Chine, vous verrez les Chinois pratiquer dans les parcs, certains vous sembleront parfaitement immobiles, concentrés sur la respiration et la perception des flux énergétiques qui circulent dans le corps.

La plus célèbre des postures, dite « posture de l’arbre » met en œuvre 12 zones du corps entre la tête et les pieds, y compris la position de la langue dans le palais. Le qi gong travaille sur la posture, la respiration et l’intention, et pour atteindre l’objectif de l’exercice, la répétition quotidienne des mouvements est essentielle. L’exceptionnelle longévité des chinois qui pratiquent cette discipline chaque jour n’est plus à démontrer.

Bien entendu, il existe de nombreuses variantes dans l’enseignement du qi gong : certaines pratiques sont plus centrées sur la prévention, l’amélioration de la santé, d’autres sur la pratique spirituelle, ou sur la performance qui permet de développer son niveau dans l’apprentissage des arts martiaux externes.

A moins d’être dans cette deuxième optique, auquel cas c’est plus au sein des écoles de wushu que vous trouverez l’enseignement adapté, la plupart des cours que vous trouverez en France seront orientés vers un apprentissage des postures essentielles, destinées à améliorer le fonctionnement des organes vitaux et à renforcer notre système immunitaire.

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La Chine, perpétuelle source d’inspiration…

Choisir son cours de qi gong

Vous allez me dire, j’habite une ville de 5 000 habitants, je n’ai pas trop le choix, je n’ai trouvé qu’un seul cours. Dans ce cas, faites un ou deux cours d’essai, mais si cela ne vous convient pas, tentez une autre pratique. En effet, je ne vante pas le qi gong plus qu’une autre discipline, au contraire, je ne conseille que trop d’essayer plusieurs méthodes de relaxation avant de choisir celle qui vous convient. Qi gong, tai chi, yoga, Pilates, stretching, pour moi, il n’y a pas une méthode meilleure qu’une autre. Il y a celle qui vous convient le mieux, et surtout le professeur le plus sérieux. Et c’est là que le problème se pose.

Pour enseigner le qi gong, vous n’avez pas besoin d’un diplôme d’Etat, ni même d’être affilié à une fédération d’arts martiaux…

Tout récemment, j’ai vu s’afficher sur mon profil Facebook des publicités pour « devenir prof de qi gong, formation en 48 heures » ! J’imagine que quelqu’un qui a une pratique de longue date, n’a peut-être besoin que de savoir adapter ses connaissances réellement acquises pour passer à l’enseignement d’une discipline, mais en 48h, ça me semble bien peu sérieux. Et en surfant sur le web j’ai trouvé peu de formations qui ne soient pas de simples stages d’un weekend ou d’une semaine…

Les attestations de formation encadrées dans la salle de cours peuvent donc être tout à fait légitimes comme parfaitement trompeuses, et l’on voit des enseignants revenir de Chine avec un joli diplôme soigneusement calligraphié qui n’a de valeur que… décorative !

Donc, dans cette discipline comme dans le yoga, il faut d’abord s’informer auprès de ses ami.e.s, ne pas hésiter à poser des questions pendant le cours d’essai sur le nombre d’années de pratique du professeur, ses séjours en Chine récents ou non…

Petite précision à ce propos, je reviens au wushu, si vous habitez en Pays de la Loire, nous avons ici une des meilleures écoles de wushu de France, qui organise chaque année des stages en Chine. Le fondateur de l’école « Akwa Wushu » donne même des cours de pédagogie du sport à l’Université de Shangaï et ses élèves remportent des médailles dans toutes les compétitions, je vous donne le lien ici

En tous les cas, quel que soit votre choix, sachez que le qi gong est un art à la portée de tou.te.s, qu’il ne nécessite aucune autre capacité que celle de savoir respirer, chose que nous faisons souvent fort mal, et précisément, c’est ce que vous enseignera le qi gong, à mieux contrôler votre souffle pour le plus grand des bénéfices 😊

A bientôt,
Corinne

à la Une

Choisir son cours de yoga

Le yoga, oui mais quel yoga ? Pour s’y retrouver entre les enseignements traditionnels et les offres les plus farfelues, un petit retour sur une pratique qui séduit les occidentaux depuis les années soixante.

Bonjour, bonjour,

Il y a des moments où je me dis que décidemment, nous étions des pionnières, nous qui avons découvert le yoga avec les Beatles, lesquels étaient devenus adeptes à la fin des années 60 d’un célèbre gourou, le Maharashi Mahesh. Ils pratiquaient alors la « méditation transcendantale » dans un ashram devenu célèbre depuis, à Rishikesh, et leur chemin croisa celui de nombreux artistes indiens, dont le célèbre Ravi Shankar, ce qui ne fut pas sans effet sur la musique pop de l’époque.

Influencée par de nombreux écrivains, la génération hippy a exploré les religions orientales, comme le bouddhisme zen, et s’est adonnée au yoga, à la méditation et aux arts venus d’Asie tels que mandalas, calligraphie… Toutes ces pratiques seront souvent déconsidérées par la profusion de faux gourous qui firent du mouvement appelé New Age un vaste terrain de chasse pour vrais charlatans.

Avec la fin des seventies, l’arrivée des punks d’un côté et celle des yuppies de l’autre (pour rappel, ceux-ci n’avaient d’autre ambition que de réussir dans une société de consommation que les hippies avaient tant contestée…), le mode de vie des hippies et le mouvement flower power semblaient destinés à sombrer dans le Pacifique, au large de la côte californienne qui l’avait vu naître…

Or, voici qu’à Big Sur, en Californie, un centre de yoga créé à la fin des années 60, l’Institut Ensalen, accueille les rescapés de la Silicon Valley en mal de spiritualité… qui l’eut cru ?! Et partout dans le monde, les exemples se multiplient de cet attrait pour la philosophie orientale, dont la pratique du yoga et de la méditation est la manifestation la plus évidente.

Et nous, que pouvons-nous attendre de ces disciplines, méditation, yoga, mais aussi tai-chi, qi-gong, calligraphie, toutes venues d’Orient pour nous amener à de nouvelles pratiques à la fois physiques et mentales ? Nous tenterons d’en décrire dans cet article et d’autres qui suivront, les différents courants, les bienfaits incontestables, mais aussi de déjouer quelques pièges, car dans ce domaine, il y a de nombreuses offres mais certaines visent davantage nos porte-monnaie que notre bien-être… Comme c’est un peu la « rentrée » pour tout le monde, nous avons envie de prendre ou reprendre de bonnes habitudes, alors autant bien choisir.

Le yoga, ou plutôt les yogas…

En 1970, George Harrison chantait « My sweet Lord », chanson extraite de son album solo All things must pass, qui allait devenir un véritable hymne pour les adeptes du mouvement Hare Krishna et du bakhti yoga. Cette école prône le pur amour, la musique et la danse qui sont des prières collectives et conduisent à la vérité divine et la joie intérieure. Dans les seventies, il n’était pas rare de croiser des groupes vêtus de toges colorées chantant Hare Krishna dans les rues de Paris. Il n’y en a plus beaucoup en France, mais j’en ai croisé récemment à Londres où le mouvement s’est enraciné plus que chez nous, à la suite de son célèbre disciple.

Je ne vous détaillerai pas les différentes écoles de yoga nées de la tradition indienne, elles sont extrêmement complexes et nécessitent une véritable approche philosophique pour être exposées avec efficacité. En revanche, je me suis attachée à vous parler de celles qui vous sont proposées le plus souvent en France, afin de distinguer les enseignements traditionnels de ce que j’appellerais les « produits dérivés » nés d’un marketing extrêmement inventif…

Un centre de yoga : panneau d'entrée
Le yoga : la porte du bien-être…

En France, actuellement, nous serions 3 millions à pratiquer le yoga, à 90 % des femmes. Les écoles les plus représentées sont :

  • Le hatha yoga

    C’est l’école la plus anciennement implantée en Occident. On y travaille la respiration, la souplesse et la relaxation. Les « asanas » (postures) ont pour objectif de favoriser la concentration, d’éliminer le stress, d’améliorer le sommeil et les enchaînements sont assez rapides. Un des bénéfices, et non des moindres, est de permettre au bout de quelques mois une souplesse réelle et de faire progressivement disparaître les douleurs de dos et d’articulations.

  • Le yoga ayurvédique

    L’ayurveda est une science millénaire, ayur signifiant la vie et veda, la connaissance, qui met au centre de sa philosophie une intelligence de la nature, nommée « prana ». C’est la plus ancienne médecine de type holistique, ce qui signifie une prise en compte de la globalité de la personne. L’ayurveda est reconnu par l’O.M.S. (Organisation mondiale de la santé), et le yoga qui se réclame de cette philosophie propose une personnalisation poussée des exercices et des recommandations liées à la diététique en particulier.

  • L’ashtanga yoga ou raja yoga

    Si vous essayez cette école, vous pourrez être surprise par le côté très dynamique de cette pratique. Alors que la plupart des enchaînements au yoga sont fait lentement et en profondeur, l’ashtanga yoga est basé sur des séquences de six mouvements répétés de manière plus rapide et en travaillant la respiration « à voix haute ». Il se présente souvent comme la fusion de toutes les écoles en une discipline plus aboutie menant à un mode de vie à la fois plus sain et plus honnête avec nous-mêmes.

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  • Le yoga nidra

    C’est une méthode qui date des années soixante, on l’appelle aussi le « yoga du sommeil ». S’il est assez proche de la sophrologie, il reste une école de yoga, qui utilise des exercices de relaxation dans lesquels la récitation de mantras (en sanscrit, son, sentence) joue un rôle important, ainsi des phrases courtes dites « sankalpa » destinées à mettre en avant une pensée positive qui serait une sorte de but idéal à atteindre pour chaque élève qui choisit son « sankalpa » en début de séance.

  • Le yoga iyengar

    Cette version récente porte le nom de son fondateur, qui passa une grande partie de son enfance malade et fut sauvé par la découverte du yoga. Sa discipline présente la particularité de travailler avec des accessoires (sangles, couvertures, cordes…) qui aident l’élève même débutant à maintenir une posture correcte. Dans cette discipline, l’équilibre du corps est essentiel, le travail rigoureux, et les exercices mettent l’accent sur le contrôle de la respiration (pranayamas).

  • Le sivananda yoga

    Fondé par Swami Vishnudevananda, lui-même élève de Swami Sivananda, cette forme de yoga a un lieu culte, Rishikesh, au Nord de l’Inde, où vont encore se former de nombreux adeptes et a fortiori beaucoup d’enseignants du monde entier. Il existe de par le monde de nombreux centres où se former au sivananda yoga et c’est une des écoles les plus couramment représentées en France. Bien que récent, c’est un yoga traditionnel, basé sur la régularité de la pratique, et intégrant la méditation pour une recherche de bien-être physique et mental. Il enseigne une pensée positive, une harmonie avec le monde et prône le plus souvent le végétarisme.

  • Le yoga kundalini

    Beaucoup plus orienté vers la méditation et la prise de conscience de nos flux énergétiques, le yoga kundalini s’est répandu dans les années hippies et propose une pratique différente, quoique basée aussi sur la respiration et les postures. A travers le contrôle de notre énergie vitale, il permet de réactiver les points connus sous le nom de « chakras », qui sont au nombre de sept, et dont l’ouverture permet de retrouver une harmonie entre le physique et le mental. Il serait particulièrement bénéfique pour la gestion des émotions et un renforcement du système immunitaire malmené par nos vies modernes.

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Yoga et méditation

Les bienfaits médicaux du yoga

On le sait, le stress entraîne l’apparition de pathologies, et les médecins s’accordent enfin à reconnaître le rôle néfaste de cette angoisse permanente que génèrent le surmenage au travail et le rythme de vie contemporain. Certaines entreprises font maintenant appel à des professeurs de yoga qui viennent donner des cours dans des salles aménagées pour les salariés qui le souhaitent. Un bon point pour elles…

Plus encore, en 2014, s’est créé en Inde un Ministère du Yoga, et la journée mondiale du yoga, le 21 juin, comme la Fête de la Musique, a été votée la même année par les Nations Unies. Le Ministère du Yoga est également en charge de la médecine traditionnelle indienne, l’ayurveda, mais aussi de l’homéopathie et de la naturopathie, une démarche cohérente dans une vision holistique, autrement dit dans une approche globale de l’être humain, physique, mentale, psychologique et spirituelle.

Ce que le yoga nous apporte indiscutablement, quelle que soit l’école choisie, c’est une meilleure respiration, et qui dit respiration améliorée dit meilleure oxygénation des organes, des muscles et aussi du cerveau, d’où les effets bénéfiques sur la concentration et la gestion des émotions. Certains cardiologues le conseillent pour cette raison, car respirer plus efficacement fait baisser le rythme cardiaque et augmente l’efficacité des échanges sanguins.

On avance même l’idée que la maladie d’Alzheimer pourrait être contrecarrée par la pratique du yoga, et je ne suis pas loin de penser que si réellement le stress est un facteur déclenchant de la maladie, ce pourrait être une voie à explorer dans la lutte contre ce fléau.

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Posture de yoga acrobatique

Les nouvelles tendances du yoga

Je n’ai sans doute pas fait le tour de toutes les propositions qui vont se présenter à vous, si, à la rentrée ou dans l’année, vous décidez de vous inscrire dans un cours de yoga. Mais s’il y a un sujet sur lequel le marketing ne doit pas vous influencer, c’est bien celui-ci, car on voit un peu de tout et du n’importe quoi dans les offres qui se présentent à vous sur le web ou via Facebook.

Parce qu’après l’aquagym et l’aquabike, deux excellents sports par ailleurs, voici que nous arrive l’aquayoga ! Passe encore si les séances sont vraiment efficaces pour le but recherché. De plus, on peut aimer rester dans l’eau pour méditer – on le fait bien dans son bain – sauf qu’il vous faudra être sûr.e.s que la température de l’eau est suffisante pour ne pas grelotter pendant la séance de relaxation, ce qui la rendrait beaucoup moins efficace !

Si vous êtes frileuse comme moi, vous pouvez tester le bikram yoga, qui se pratique dans une ambiance de hammam, chaleur humide et température de 40°. Je ne suis pas certaine que ce soit agréable, mais la chaleur permet d’optimiser les échanges sanguins, donc, pourquoi pas… à condition de ne pas avoir de problèmes cardiaques.

On voit aussi des offres d’acroyoga, de yoga dynamique ou tonique, de yoga danga (yoga et danse) ou que sais-je encore, qui ont autant à voir avec une séance de yoga qu’un cours de boxe avec le macramé, mais qui peuvent avoir des effets intéressants, donc ne pas tout jeter, cela dépend tellement du professeur…

Préférez demander conseil à des amies avant de vous lancer, et creusez un peu les informations qui vous seront données sur le site web du professeur ou de l’association. Le yoga n’étant pas reconnu officiellement en France, aucune des fédérations existantes n’a de valeur autre que celle qu’elle veut bien vous vendre, et si certaines sont indéniablement sérieuses, ceux qui s’en réclament ne le sont pas toujours. Les enseignants les plus compétents mettent en avant des années de pratique renforcée par des stages suivis régulièrement dans différents lieux, ashrams ou centres de formation en France ou à l’étranger. Enfin, certains professeurs proposent un enseignement prenant appui sur différentes écoles, et intègrent des exercices venus d’autres disciplines comme le Pilates.

Ah, un autre point pour mieux choisir votre cours ! Si vous ne vous sentez pas prête à psalmodier des mantras, par exemple, évitez l’ashtanga ou le yoga nidra. Cela dit, le fameux « ooooooom », ça aide vraiment à éliminer les tensions du monde extérieur avant de commencer les exercices 😊

L’usage dans les offres de cours de sports ou les salles de fitness veut que le professeur ou l’association vous laisse une séance gratuite pour découvrir si le cours vous convient ou non. C’est plus difficile pour les cours de yoga, où les séances sont organisées pour un petit groupe de personnes, ce qui garantit un vrai suivi individuel. La plupart du temps, l’enseignant vous proposera de prendre une ou deux séances à l’unité, parfois à un tarif d’essai, et cela vous permet de tester les cours pour être sûre de votre choix avant de vous engager sur un forfait ou un abonnement.

Je vous conseille vivement de commencer par des séances à l’unité car il m’est arrivé de tomber sur une enseignante charmante aux deux premiers cours mais il s’agissait d’une remplaçante, la titulaire étant beaucoup moins agréable. Elle ne faisait aucun effort pour se rappeler votre prénom – passe encore – mais plus ennuyeux, elle ne se souvenait jamais du type de mouvement que vous deviez éviter en raison d’un problème particulier, pour moi les cervicales, pour une autre le genou etc…. C’est ce qui m’a donné précisément envie d’écrire cet article !

Les enseignants de yoga sont en général des personnes extrêmement attentives, douées d’empathie et montrant un véritable désir de vous apporter le bien-être que vous êtes venue chercher dans leur école. Si la personne ne vous semble pas ressembler à ce portrait, ou si vous ne vous sentez pas à l’aise pendant les cours, changez, vous trouverez certainement un enseignement qui vous correspondra mieux.

Et vous, quelle est votre expérience du yoga, êtes-vous adepte, que vous a-t-il apporté ? Ou au contraire estimez-vous que cela ne vous correspond pas ? Racontez-nous, nous en parlerons ensemble.

A bientôt !
Corinne

à la Une

Pionnières et aventurières

Elles ont tourné le dos à un destin tout tracé pour suivre leur chemin, à contre-courant de leur époque…

Bonjour, bonjour,

Quand on regarde en arrière vers les années soixante-dix, on a le souvenir vibrant de cet appel du large que la beat génération a fait souffler sur une société bourgeoise qui s’endormait tranquillement le soir sur un canapé devant son écran de télévision.

Adolescente au cours de mes chères seventies, j’ai pris parfois des chemins aventureux, au guidon de ma moto ou le pouce levé au bord de la route, sac au dos, mais comme je n’étais peut-être pas si audacieuse que j’aurais voulu l’être, mes pérégrinations ne m’ont pas menée plus loin que la lisière du Sahara, dans cette belle ville d’El Oued dont je garde des images ô combien magiques, alors que mon projet était de prendre la piste mythique de Tamanrasset pour rejoindre Gao au Mali…

Alors, vous imaginez mon admiration pour celles qui ont emprunté « Les chemins de Katmandou » bien avant que le cinéaste André Cayatte n’immortalise Jane Birkin sur la route du Népal dans un film sur le mouvement hippy. Petite remarque en passant, je crois que ce réalisateur a réussi pour le panier d’osier ce dont n’osent même pas rêver les marketers actuels, le lancement d’un « it bag » pour les cinquante années qui ont suivi la sortie du film !

Ces exploratrices qui me fascinent furent des pionnières, en un temps qui laissait bien peu de place aux rêves d’aventures, surtout quand on naissait avec un handicap aussi terrible que celui d’être une femme… Il a fallu attendre longtemps, trop longtemps, pour qu’Alexandra David-Néel, Ella Maillart et Anita Conti soient reconnues au même titre que Jean Malaurie, Alain Gerbault ou Théodore Monod.

Toutes les trois sont parties avec des motivations très diverses, mais un point en commun, l’envie de conjuguer leur soif de liberté et leur désir de connaissances. Découvrir – et faire découvrir – un monde encore inexploré, le Tibet et sa civilisation pour l’une, l’Asie pour l’autre, les océans pour la troisième, tel a été le moteur de leur vie hors normes.

Pionnières et aventurières, elles sont le symbole de la liberté, la liberté de dire non à un destin tout tracé par leur famille, celle d’aller à contre-courant des idées de leur époque, et de se consacrer à leur soif d’aventures et de connaissances. J’ai choisi de vous parler aujourd’hui de 3 femmes dont la vie m’a fait tant rêver…

Alexandra David-Néel

Alexandra David-Neel, portrait en mendiante
Alexandra David-Neel déguisée en mendiante

Elle est morte en 1969, trop tôt pour avoir connu l’engouement du mouvement hippy pour l’Inde, le Népal et le Tibet, mais à l’âge de 101 ans, après avoir traversé des contrées plus que dangereuses dans des conditions à peine imaginables. Accompagnée de son futur fils adoptif, Aphur Yongden, jeune lama originaire du Sikkim, avec un équipement minimal, une nourriture rationnée, déguisée en mendiante pour ne pas attirer les pillards qui faisaient la loi sur les routes du Tibet, elle réussit à pénétrer dans Lhassa, cité interdite aux étrangers.

La lecture de son livre « Voyage d’une parisienne à Lhassa » permet de découvrir un Tibet loin des visions fantasmées des adeptes du flower power ! Parcourir en 1916 puis en 1924 ce pays en proie aux brigands, qui sèment la terreur chez des habitants par ailleurs pétris de superstitions, n’a rien d’une promenade de santé et on ne trouve pas dans le livre de quoi alimenter les clichés les plus courants sur le bouddhisme tibétain.

En effet, le Tibet, jusqu’à ce que le bouddhisme ne prenne la place de religion officielle, a eu pour principale culte le Bön, une croyance en des dieux, démons, magiciens et sorcières de toutes sortes qui les accompagnaient dans leur vie quotidienne, dans leurs aventures légales ou illégales. C’est dans son livre « Magie d’amour et magie noire » que l’on plonge le mieux dans cette religion ancestrale : écrit sous forme de roman, il est cependant le récit d’histoires authentiques racontées à Alexandra David-Néel par des lamas tibétains et si vous décidez de le lire, attendez-vous à frémir de peur … Actuellement, le gouvernement tibétain en exil tente de préserver la mémoire de cette religion, afin de sauver une identité culturelle déjà tellement menacée par l’occupation chinoise.

Alexandra David-Néel est un personnage absolument fascinant : fugueuse dès son plus jeune âge, anarchiste, cantatrice, écrivaine, féministe, bouddhiste initiée par des yogis tibétains, elle fait partie de mon Panthéon personnel, un culte qui n’a pas besoin de cérémonies mais que j’entretiens soigneusement !

Route d'Afghanistan
Route d’Afghanistan empruntée par Ella Maillart

Ella Maillart

Née en Suisse en 1903, Ella Maillart a en commun avec Alexandra David-Néel une jeunesse marquée par un désir absolu de liberté et une attirance pour l’Asie qu’elle parcourt au début des années 30, après un premier voyage à Moscou où elle se rend en reportage, avec l’aide financière de la veuve de Jack London, et où elle est accueillie chez la comtesse Tolstoï. Que de bonnes étoiles autour du premier voyage d’Ella…

Ella Maillart très jeune avait aussi une prédilection pour le sport, elle s’illustre dans diverses disciplines, le hockey sur gazon, le ski alpin et la voile, deux épreuves dans lesquelles elle participera aux Jeux Olympiques sous les couleurs de la Suisse. La marine suisse n’est pas un sujet de plaisanterie, on l’a vu il y a quelques années lors de la célèbre régate de l’America’s Cup !

Après avoir parcouru la Méditerranée avec trois amies, dont un périple sur un vieux thonier ragréé par elles, à 19 ans, elle est matelot sur des yachts anglais, puis exerce divers métiers qui la laissent totalement insatisfaite tant elle rêve de voyages et de navigation. Seul le reportage lui ouvre la possibilité de voyager comme elle l’entend, et elle commence à écrire, pour financer ses expéditions, et devient photoreporter. Son Leica et sa machine à écrire ne la quitteront plus.

En 1932, sac au dos, elle part pour le Turkestan, explore le Kirghizstan, le Kazakhstan, des contrées peuplées de nomades qui la fascinent, mais aux mains de seigneurs de guerre qui rendent les routes dangereuses et les étapes plutôt inhospitalières. Du haut d’une montagne, à 5 000 mètres d’altitude, elle aperçoit la Chine interdite où elle se promet de revenir. Une rencontre fut déterminante pour elle, celle du journaliste Peter Fleming, dont on dit qu’il fut aussi un espion britannique, avec qui elle réussira à entrer en Chine pour découvrir des territoires totalement inconnus des occidentaux.

En 1939, elle part de Genève en direction de Kaboul au volant de leur Ford avec sa compagne Annemarie Schwarzenbach, qu’elle tentera de libérer de l’emprise de la drogue, sans succès. Ella Maillart raconte ce voyage en Afghanistan dans le livre « La Voie cruelle »

Moines tibétains
Moines tibétains

Elle passe ensuite de nombreuses années en Inde où la mène une quête spirituelle orientée vers le bouddhisme, autre point commun avec Alexandra David-Néel, écrivant un jour à une amie « n’oublie jamais que nous ne serions rien sans l’Asie » et revient en Suisse pour s’installer en haut d’une montagne. Sa vie ne sera plus que des aller-retours entre la Suisse et l’Asie, et elle mettra toute son énergie à faire connaître les pays qu’elle a tant aimés et photographiés. Ella Maillart a fait don de plus de 20 000 clichés au Musée de l’Elysée de Lausanne. Elle meurt en 1997, à 94 ans, elle aussi après avoir eu une vie qui faisait frémir ses contemporains helvètes à l’époque, plus réputés pour leur sens de la finance que pour leur goût de l’aventure !

Anita Conti

Un peu différente est l’histoire d’Anita Conti, née en 1899. Son continent à elle, c’est l’océan, les océans, qu’elle ne se lasse pas de parcourir et dont elle permettra de dresser pour la première fois une cartographie détaillée, non du point de vue de la navigation, mais du point de vue des ressources halieutiques, c’est-à-dire de la gestion des espèces aquatiques, ce qui était absolument une première.

Avec Ella Maillart, elle partage une passion pour la photographie et la navigation. Pour elle, ce sera le monde de la pêche vers lequel se tourneront toutes ses aspirations, monde qu’elle a côtoyé dès sa plus tendre enfance en Bretagne. Première océanographe française, Anita Conti embarque très tôt sur des navires de pêche, adolescente pour le plaisir, puis plus tard pour étudier les ressources marines.

Bateau de pêche proche d'un iceberg
Bateau de pêche au Groenland

Anita Conti participe à une campagne de pêche à la morue dans l’Arctique, et dès 1939, elle pressent ce que la surpêche représente comme menace pour la ressource. La guerre arrivant, elle prend part à des opérations de déminage et embarque ensuite sur les bateaux de pêche français contraints de se rendre au large de l’Afrique pour continuer à assurer leur activité et l’alimentation des populations, car il était interdit – et plus que dangereux – de pêcher en Atlantique nord.

Elle décide alors d’étudier les techniques locales de pêche, et se passionne pour l’Afrique où elle sera d’abord chargée de mission pour le gouvernement algérien, puis consciente de l’état de malnutrition de populations pourtant proche de zones de pêches, elle s’attaque au vaste problème de la ressource et de la conservation du poisson pour alimenter durablement les habitants. Après la guerre, le gouvernement français cessant de financer ses expéditions, elle fondera alors sur ses propres deniers, des pêcheries, fumeries de poisson et se consacrera à l’étude de la valeur nutritive de chaque espèce pour identifier celles qui permettent de pallier les carences en protéines des peuples de Guinée, Mauritanie, Côte d’Ivoire…

Pêcheurs ghanéens
Pêche côtière au Ghana

Ecologiste avant l’heure, engagée, mettant toute son énergie à travailler sur la gestion de la ressource non pour le profit mais pour lutter contre la malnutrition, Anita Conti meurt en 1997 à Douarnenez, ce qui lui laissera le temps de constater tristement les ravages causés par la pêche industrielle, qu’elle dénonce dans ses nombreux ouvrages, dont « Racleurs d’océan ». Elle n’avait pas loin de 100 ans, elle aussi, et elle laisse un trésor de 45 000 photos d’une valeur scientifique inestimable. En Bretagne, Anita Conti fait l’objet d’une admiration qui lui vaut d’avoir son nom sur de nombreux établissements scolaires, médiathèques… et bien sûr quelques bateaux !

Voilà, j’espère que cet article vous aura plu, je ne pouvais pas ne pas parler un jour de ces trois femmes qui sont pour moi des héroïnes. Et vous avez vu à quel âge sont mortes ces femmes dont tout laissait à prévoir qu’elles trouveraient la mort prématurément sur une route déserte du désert de Gobi ou dans une tempête… L’écrivain Paulo Coehlo a sans doute bien raison de dire « Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, je vous propose d’essayer la routine… Elle est mortelle »

Si j’ai renoncé à certains rêves, le plus souvent par manque d’audace ou parce que la vie s’était un peu compliquée, j’ai une fille, qui elle, est une vraie aventurière, elle n’a peur de rien, sauf des araignées, et encore, cela ne l’empêche pas de partir en expédition dans des endroits où pullulent des spécimens de taille à vos donner les pires cauchemars… Bref, inutile de vous raconter ici qui est mon héroïne préférée, vous l’aurez deviné sans peine 😊

Comme je n’ai pas dit mon dernier mot sur un ou deux voyages qui me tiennent à cœur, j’espère pouvoir un jour en faire le récit sur ce blog !

A bientôt, pour de nouvelles aventures 😉

 

à la Une

Végétariens, végétaliens, vegan…

Végétarien, végétalien, végan ? Ne soyez pas désemparés devant ces appellations, ni devant les nouveaux régimes alimentaires adoptés par vos enfants. Ici, on vous explique tout, et surtout on vous rassure. Explications, conseils de nutrition et recettes pour que les repas du dimanche en famille restent une fête !

Bonjour, bonjour,

Au secours ! C’est le cri de détresse qu’a poussé ma mère, 85 ans, lorsque je lui ai annoncé que les enfants attendus pour un déjeuner du dimanche, dont elle se réjouissait comme toujours, étaient devenus végans. 50 ans de tradition culinaire et le rôti du dimanche qui tombe à l’eau, si l’on peut dire !

Et attendez, je vous donne les détails car ce n’est pas si simple ! Sur les quatre dans lesquels j’inclus l’adorable compagnon de ma fille, il y a maintenant très exactement, 2 végétariens, 1 végétalien et 1 flexitarien, à tendance orthorexique, ce qui n’est pas contradictoire, vous le verrez plus loin !

Chères lectrices, je le sens, vous êtes perdues et le « au secours » est sur vos lèvres, prêt à fuser à l’unisson du cri de ma mère et de nombreux parents totalement désorientés à l’heure de faire le menu du sacro-saint repas du dimanche. Sans compter une légitime inquiétude pour la santé de nos chers petits devenus grands – enfin en principe 😉

Pourtant, même si ce n’est pas elle qui a inventé le végétarisme, c’est notre génération qui a vu les premiers adeptes d’une alimentation végétarienne commencer à nous expliquer pourquoi il est aussi mauvais pour la planète que pour notre santé de manger de la viande ou du poisson, sans compter le respect dû à l’espèce animale.

Pour avoir testé les premiers restaurants végétariens du Quartier Latin dans les années 70, je peux vous dire qu’on était loin de la gastronomie, ce qui rendait le concept d’alimentation macrobiotique difficile à adopter, même s’il nous promettait santé et longévité. On mangeait beaucoup de « graines », dans un décor sobre probablement adapté à une forme de renoncement aux plaisirs de ce monde… Je m’en veux de caricaturer à ce point, car je suis plutôt végétarienne, mais à l’époque, franchement, on ne se régalait pas !

Du rôti du dimanche au menu végan

Je vais essayer de vous expliquer ces différents régimes, avec comme toujours, l’idée de vous rassurer et non de vous amener au bord d’un gouffre d’incertitudes ! Donc, explications, informations et conseils, mais aussi quelques bonnes recettes de cuisine pour simplifier les menus du dimanche en famille !

Commençons par quelques définitions. Un végétarien refuse de consommer de la viande ou du poisson, mais mange des œufs, des fromages ou des yaourts. Beaucoup tentent de baisser leur consommation de produits laitiers malgré tout, soit parce qu’ils ont des doutes sur la digestion du lactose pour un adulte, soit parce que leurs motivations étant d’ordre éthique, ils veulent contribuer le moins possible à l’exploitation animale. Parce qu’un fromage de chèvre, même bio, ce n’est pas forcément produit qu’avec des caresses et des bisous. Même s’il s’agit de gentilles chèvres élevées par un non moins gentil baba cool dans le Larzac, les mâles ne produisant pas de lait, vous voyez quel est l’avenir des chevreaux mâles dans un élevage …

Un végétalien ne consomme aucun produit d’origine animale, et ce essentiellement par éthique et compassion réelle. Il refuse d’admettre que la soi-disant supériorité de l’homme consiste principalement à élever des volailles en batterie, torturer des canards pour produire du foie gras ou vider les océans pour nous gaver de thon grillé au barbecue.

Il devient souvent végan, (en anglais « vegan » signifie végétalien, en français, végan a un sens plus philosophique), c’est-à-dire qu’il n’achètera plus d’objet en cuir, et vérifiera soigneusement toutes les étiquettes de ses vêtements pour s’assurer que le poil de la parka est bien en fibre synthétique.

Celui-ci, je l’ai, c’est le troisième de mes enfants, et je respecte complètement sa vision du monde, simplement, il a un problème, il n’aime pas les légumes, enfin très peu, et sa nourriture est assez complexe à décrire !

Le flexitarien, c’est celui ou celle qui a du mal à adopter une position arrêtée sur son alimentation, il est disons « tendance végétarienne » mais il craquera assez facilement – comme moi – pour un morceau de saucisson catalan … En tous les cas, il tente de réduire sa consommation de viande, ce qui ne peut être qu’un bienfait pour sa santé.

Le plus compliqué, c’est l’orthorexique, surtout quand il change de régime sans arrêt selon ses dernières lectures. Je le sais, j’ai aussi ce modèle-là ! Un jour il ne mange pas de gluten, deux mois plus tard, il engloutit une baguette de pain au déjeuner mais s’interdit les pommes de terre, et vous le retrouvez, au bout de six mois, dévorant des boîtes de maquereaux comme une otarie en manque de récompense… Et il a toujours une théorie associée extrêmement stricte, qui lui interdit tout écart, d’où l’invention du mot orthorexie. Le mien a fait un régime paléo(lithique), qui consistait en gros à ne manger que des tubercules et du riz basmati, mais admettait la consommation de viande ou de poisson, sans doute parce qu’à l’ère paléolithique, on n’avait pas trop le choix !

Les conséquences sur la santé

Avouons-le, on peut rire un peu, voire même approuver, ce n’est pas le problème, mais au-delà des soucis de composition du menu du dimanche, ce qui nous inquiète, c’est la santé de nos enfants, ou la nôtre si nous sommes devenus adeptes de ces différents modes de vie.

Pour les végétariens, c’est simple, aucun danger, s’ils consomment des œufs ou des produits laitiers, ils trouvent dans leur alimentation tout ce qui leur est nécessaire pour une activité équilibrée. Mes deux végétariens sont de grands sportifs, randonneurs, joggers, pratiquant l’escalade et la natation de manière intensive. Et ils ne sont pas les seuls, de nombreux sportifs sont végétariens, aucun problème, tant qu’ils ont une consommation variée : légumes, céréales, fruits et œufs pour les protéines animales.

Mais voilà où est le problème pour les végétaliens. Le manque de protéines animales, lui, peut être compensé, alors que la carence en une certaine vitamine, la vitamine B12, qui ne se trouve dans aucun légume ou fruit sec, peut entraîner des conséquences graves : anémie avec tous ses symptômes associés, fatigue chronique, dépression, voire même des états hallucinatoires.

Vous allez me dire, merci pour ces informations angoissantes, ce n’était pas ce que vous nous aviez annoncé ! Alors comme toujours, chères lectrices, j’en viens au moment de vous rassurer, et c’est parce que j’en ai fait l’expérience, ou du moins j’ai assisté à celle d’un de mes enfants.

Voyant mon fils végétalien dans un grand état de fatigue au bout de quelque temps, je l’ai emmené chez une nutritionniste et je lui ai fait passer une visite médicale. L’analyse de sang a révélé des carences en fer et en calcium, certes, mais rien qui ne puisse se rattraper avec un rééquilibrage de ses menus, et comme il est très perfectionniste dans tous les domaines, il a vite récupéré sa forme en appliquant les consignes sur les quantités et les variétés d’aliments à privilégier.

En revanche, il doit absolument prendre un complément alimentaire, un seul, car il existe une vitamine qui ne se trouve que dans les produits d’origine animale, la vitamine B12. C’est son manque dans l’organisme qui peut entraîner les graves troubles énumérés ci-dessus, et qui peut aussi mettre en danger la croissance d’un bébé en cas de grossesse.

Un régime végétalien doit donc absolument être accompagné par un professionnel de santé, médecin ou nutritionniste, et la personne adepte de ce régime, qui a droit à tout notre respect, car c’est son choix, doit effectuer chaque année une analyse de sang. C’est tout mais c’est absolument indispensable.

Et maintenant, qu’est-ce qu’on mange dimanche ?!

Nous en revenons donc à notre point de départ, et là, je sens que je vais vous faire plaisir… Vous avez peut-être fait des recherches sur Internet ou bien acheté un livre car vous êtes une mère ou une grand-mère modèle, on ne vous changera pas ! Mais en réalité, il n’est guère besoin de se compliquer la vie pour leur faire plaisir, car ils mangent à peu près tout le temps les mêmes aliments sans s’en lasser, et je vous le jure, j’en ai fait l’expérience, pour moi c’est bien plus facile (et plus économique) que le rôti aux pommes de terre du dimanche, dont on peut se lasser aussi d’ailleurs !!!

Les bases de ces nouveaux menus sont essentiellement le riz ou les lentilles, le boulgour ou le quinoa (riche en protéine végétale), si possibles bio et complets. Et à partir de là vous pouvez improviser, mais je vais vous donner mes recettes à succès, les plus simples et les plus rapides à préparer, et celles qui réconcilient tout le monde !

Le taboulé au boulgour
Une délicieuse salade de boulgour

 

  • La salade de lentilles

Rincez les lentilles, faites-les cuire dans deux fois leur volume d’eau, à feu doux à partir de l’ébullition environ 15 minutes, salez en fin de cuisson seulement, égouttez et laissez refroidir. Ajoutez du persil, des oignons hachés menus, des tomates coupées en petits morceaux, des dés de poivron. Servez bien frais.

  • Le taboulé au boulgour

Faites cuire le boulgour à feu doux dans deux fois son volume d’eau salée, environ 10 minutes, et égouttez-le soigneusement, laissez refroidir. Pendant ce temps, préparez un bol dans lequel vous presserez un ou deux citrons, suivant la quantité de boulgour, que vous salerez légèrement. Ajoutez de l’huile d’olive en quantité raisonnable toujours selon le volume de boulgour, mais point trop n’en faut .
Ajoutez la menthe et le persil hachés, à volonté, les oignons frais et du poivron ou du concombre coupés fins, les tomates en dés, et laissez au frais pendant au moins trois heures en remuant régulièrement.
La recette avec la semoule de couscous prévoit de laisser cuire la semoule dans le jus de citron, mais chez nous on préfère le boulgour, plus nourrissant mais qui nécessite une cuisson préalable.

  • Épinards aux raisins secs et aux oignons

Je remercie au passage, car il le mérite bien, mon mari catalan, qui a importé dans la famille quelques délicieuses recettes méditerranéennes ! Celle-ci est inattendue et particulièrement savoureuse.
Faites cuire rapidement et sans ajouter d’eau les épinards frais dans un faitout (5mn pour un kilo). Égouttez soigneusement. Dans une poêle, faites revenir un ou deux oignons dans de l’huile d’olive, jusqu’à ce qu’ils prennent une couleur bien dorée, remuez bien pour ne pas les laisser brûler.
Versez les épinards dans la poêle, mélangez bien pour incorporer les oignons, puis ajoutez des raisins secs, des pignons de pins ou à défaut des noisettes concassées. Servez bien chaud, c’est délicieux. Vous pouvez tout à fait ajouter du quinoa dans ce plat, ils sont de la même famille que les épinards et s’entendent très bien entre eux !

  • Gratin de bettes

Là, c’est à ma grand-mère que je rendrai hommage car c’était une de ses spécialités ! Rincez les feuilles de bettes et coupez les tiges blanches dans le sens de la longueur pour les effiler rapidement. Détaillez ensuite les branches en morceaux d’environ 5 centimètres, en gardant les parties vertes (à moins que vous ne les mettiez de côté pour faire un potage le soir avec une pomme de terre, ce qui est une bonne idée !).
Faites cuire à l’eau salée dans un grand faitout, pas plus de 10 minutes, égouttez soigneusement et mettez dans un plat à four. Si pas de végétalien à table ce jour-là préparez une béchamel classique, ajoutez du gruyère râpé et faites gratiner 10 minutes sous la grille du four. Si végétalien en vue, couvrez d’une crème au soja spéciale cuisine, et passez au four sans faire gratiner.
Vous pouvez aussi servir les bettes avec des pommes de terre à l’eau, arrosées d’huile d’olive et d’un jus de citron, avec un hachis d’ail et de persil, c’est encore plus simple et tout aussi délicieux !

 

J’ai encore plein de recettes faciles et rapides, telles que le gazpacho de betteraves et pommes, le riz aux lentilles corail, curry et lait de coco, et pour les desserts, les patates douces à la cannelle, sucrées et gratinées au four, ou la salade d’orange à la menthe et à la fleur d’oranger… Aucune ne demande une préparation très longue, mais le meilleur résultat s’obtient avec des produits de qualité, frais et locaux, donc en route pour le marché, ce qui est aussi un bonheur !

Faites-moi part de vos réactions, dites-moi si vous ou vos enfants sont adeptes d’un régime végétarien, ou végétalien, quelles sont vos expériences en matière d’alimentation, nous nous ferons toutes un plaisir de vous lire !

A très bientôt,
Corinne

 

Ma vie avec John F. Donovan

Bonjour, 

Cette semaine, j’ai vu pour la première fois un film de Xavier Dolan, incroyable… Enfin, maintenant, ça me semble inimaginable. Pourquoi ? Aucune réponse à cette question, sans doute juste personne pour vous dire « vas-y, c’est génial », enfin aucune raison particulière d’avoir manqué ou au contraire de n’avoir jamais raté un de ses films. Il y a des musiciens, des réalisateurs, des écrivains qu’on ne rencontre jamais, ma liste serait longue mais je suppose que la vôtre aussi. Hélas…

Ma vie avec John F. Donovan – je préfère le titre anglais de The death and life of John F. Donovan – a été plus ou moins bien reçu, passé au tamis des meilleurs critiques, ceux de Libération, de Télérama, des Inrocks en tête évidemment, d’où il est ressorti parfois laminé, broyé, parfois fier et entier, le combat habituel entre détracteurs et laudateurs…

Je n’avais donc jamais vu un film de Xavier Dolan. Cela dit, arriver vierge devant l’écran, à mon avis, ça n’existe pas, articles de presse parcourus sinon lus, réseaux sociaux, festivals… rien ne vous laisse totalement ignorant de ce qui se passe sur la planète cinéma. En plus, quand le personnage principal est interprété par Kit Harrington, évidemment, à moins d’avoir passé les dix dernières années de sa vie dans une grotte au fond des montagnes du Kazakhstan, tu n’arrives pas totalement sans arrière-pensée. Quoique… Renversement de situation comme on les aime au cinéma, mon meilleur ami, qui n’avait raté aucun film de Xavier Dolan, ignorait tout de l’acteur fétiche de la série Game of Thrones !

Alors, imagine, tu es assis au 5ème rang de ta salle de cinéma préférée – le 5ème rang, c’est un peu le tien, d’ailleurs – et le film commence. Le film commence et il te semble voir à la fois où on veut t’emmener et comment on va t’y emmener, sauf qu’en cinq minutes de projection, tu te rends compte que précisément, ce n’est pas tout à fait comme ça que ça va se passer.

Je m’explique. Il y a des scènes absolument attendues dans Ma vie avec John F. Donovan, beaucoup même, et je suppose que c’est ce qui a valu à ce film des critiques parfois acerbes. Pourtant, il y a tout le temps un décalage entre ce qui se rend visible en surface et ce que, derrière chaque plan, la caméra va détecter pour empêcher la machine de tourner en rond et nous interdire de suivre sans effort.

Et c’est toujours par le regard que cela passe : l’œil inquiet d’Amy, rôle tenu par Emily Hampshire, très convaincante, vers John, entre deux flashes sur le photocall où elle, la supposée fiancée, pose avec lui devant les photographes. Ou l’œil de la mère de John, l’incroyable Suzan Sarandon, dont le globe oculaire dérive littéralement de son orbite en fin de soirée, alcool et angoisse maternelle mêlant leur insoutenable douleur. Le regard de Barbara, son agent artistique, génialement interprétée par Kathy Bates,  qui bascule en quelques minutes du rôle de la femme d’affaire uniquement préoccupée de l’argent que lui rapporte son comédien vedette, à celui de la femme un peu maternelle aussi qui ne peut cacher sa tendresse pour le jeune homme qui se cache derrière la star. Elle sait et elle lui dit que celui qui ment à la face du monde certes impitoyable du star system ne fera que détruire son propre monde, rompre le cercle de ceux et celles qui l’aiment. Certains fuiront à la vue du drame qui se noue, et d’autres, la mère bien sûr, en premier, tenteront de mettre des remparts devant les malheurs qui s’annoncent.

Mère jusqu’au bout des ongles, celle de Rupert, Nathalie Portman, ne faillira pas malgré la descente aux enfers qu’on imagine être pour elle cette vie à Londres dans un appartement miteux, mère sacrifiée et sublime. Les yeux encore, ceux de Rupert, l’incroyable Jacob Tremblay, peut-être les plus immenses yeux que j’ai jamais vus, sont ceux de la souffrance d’un enfant jeté dans le monde sans pitié d’un collège étranger, mais aussi les yeux de l’amour que lui inspire John F. Donovan. Cet amour né devant une série télévision qu’on imagine sans ambition autre que faire de l’audience, lui inspire une lettre à son idole, qui, contre toute attente, lui répond. Cette correspondance commencée dès son plus jeune âge lui permettra de survivre, au sens propre, entre coups bas de ses condisciples et déconvenues de l’existence que sa mère essaie de lui éviter aussi maladroitement que possible.

Xavier Dolan aime ses acteurs, c’est ce qui me touche chez la plupart des réalisateurs, quand la caméra se pose avec amour sur des visages qui habitent tout l’écran . Xavier Dolan filme ses acteurs au plus près, la caméra accrochée aux reliefs, aux cernes, aux frémissements de paupières ou aux rides.

Dans Ma vie avec John F. Donovan, chacun des personnages aura son moment de vérité, dans une construction peut-être un peu trop évidente, c’est le seul reproche que je ferai au film, la mécanique un peu simple qui fait passer au premier plan, à tour de rôle, les acteurs du drame qui se noue autour de John. Mais les acteurs, tous extraordinaires, plaident l’un après l’autre, non pas seulement la cause de leur personnage, mais celui de tous les acteurs, de toutes les actrices, de ce monde qui peut les détruire d’une seule photo, d’une rumeur, d’un tweet, d’une indiscrétion.

Le jeune comédien qui interprète Rupert enfant est à lui seul un événement, une présence fulgurante, son rôle l’amenant à traverser toutes les épreuves d’un enfant malmené par la vie, un père absent, une mère s’interdisant maladroitement de vivre pour autre chose que son fils, une homosexualité assumée mais forcément – mal – dissimulée au collège où il souffre du mépris et des coups de ces tortionnaires du quotidien qu’on nomme à tort les « camarades » de classe.

La question de l’impossibilité pour John F. Donovan, idole figée d’un public de jeunes filles hystériques, de faire son coming out, est évidemment au centre du film. Mais le sont tout autant la vie ratée de Sam, la mère de Rupert, celle de Grace, la mère de John, celle d’Amy aussi, la fiancée sur papier glacé mais amie de toujours et jusqu’au bout, la vie aussi de Barbara qu’on imagine un peu triste malgré ses affirmations, seul agent d’Hollywood à n’avoir jamais fait fortune avec ses stars et dont on dit à la fois peu et beaucoup lorsqu’elle met John à la porte de son agence.

Alors, pour résumer, on voit dans ce film, d’un côté, l’univers des red carpets, entre virées en boîtes et séances photos, sur fond de musique mainstream, avec ces passages flous répétés, des séquences qui donnent parfois la sensation de voir se dérouler une série de clips, et de l’autre, la vie intime qui se déroule au fil des lettres échangées entre Rupert et John, jusqu’au jour où leur correspondance s’interrompra dans un moment où la vie de l’un comme de l’autre va basculer.

Et celui qui fait le lien entre ces deux univers, qui passe de l’un à l’autre et choisira, on le pense, on le souhaite tellement, celui de l’authenticité, c’est l’amant de quelques soirs, joué par Chris Zylka, qui refusera d’être l’amour caché de la star John F. Donovan, et dont on devine la souffrance palpable là aussi dans le regard.

Malgré ses lourdeurs, malgré son côté mélodramatique parfois irritant, Ma vie avec John F. Donovan est pour moi un de ces films que je qualifierais d’indispensable, pour le regard, celui que porte un réalisateur sur le monde, sur – ce qu’on devine aisément et il ne s’en cache pas – sa propre histoire, et sur le sentiment qui nous vient à la fin, que ce monde est en train d’avancer, certes à pas comptés, mais de manière évidente, vers ce que l’humain a de meilleur, la compréhension, l’ouverture aux autres et le droit d’aimer qui on veut.

Il y aura encore, hélas, sans doute beaucoup de victimes avant d’en arriver à ce monde meilleur, mais c’est ce que Xavier Dolan semble nous promettre, à travers le dialogue qui se noue entre Audrey, superbe Thandie Newton, la journaliste politique et engagée, si réticente au début de l’interview, et Rupert adulte, interprété avec beaucoup de finesse par Ben Schnetzer libéré par l’écriture d’un livre du poids de son enfance, compagnon heureux du jeune homme qui vient le chercher à la fin du rendez-vous avec son scooter dans une ville d’Europe de l’Est elle aussi libérée…

« Plutôt que l’amour, que l’argent, que la gloire, donnez-moi la vérité. » Le film s’ouvre sur cette phrase de Henry David Thoreau que tout nous invite à relire…

Janis Joplin

Janis Joplin, les légendes du rock et le club des 27, mais surtout l’histoire d’une immense chanteuse…

Bonjour,

Un petit moment de nostalgie et l’envie de vous parler d’une de mes « héroïnes » – sans mauvais jeu de mots – parce que c’est la musique que j’écoute le plus souvent avec les Stones et les Doors, alors, voici un article un peu triste peut-être mais j’espère que vous apprendrez beaucoup, si vous le voulez, sur cette grande chanteuse !

Les légendes du rock

Les grands disparus de nos années rock, Janis Joplin, Jim Morrison, Brian Jones, Jimi Hendrix, font partie d’une célèbre liste, le club des 27, liste tristement inaugurée avec la mort à 27 ans de Robert Johnson, bluesman américain que vous connaissez certainement si vous aimez le blues. Tous morts au même âge, 27 ans, avec un nom qui commence par un J… Quelle était cette menace effroyable qui semblait peser sur les musiciens de l’époque comme une fatalité, un sombre signe du destin qui frapperait des victimes tout juste coupables d’un délit de fureur de vivre ? Ou bien s’agissait-il d’un châtiment divin pour tant de liberté, de dédain pour les conventions, de mépris pour le qu’en dira-t-on, encore si nocif dans les Etats-Unis des années soixante ? C’est ce que proclamaient les esprits « bien-pensants » de l’époque, et cinquante ans plus tard encore, il restera toujours des relents de cette incompréhension profondément implantée dans le cerveau de la « bonne société », qui veut que tout ce qui ne lui ressemble pas soit au mieux ignoré, au pire éliminé…

Le club des 27

Patti Smith raconte dans son livre « Just Kids » que le grand bluesman Johnny Winter est resté volontairement confiné dans sa chambre d’hôtel à New York presque toute l’année de ses 27 ans, persuadé qu’il serait le prochain sur la liste et ne tarderait pas à rejoindre Janis Joplin avec qui il avait joué sur scène l’année de la mort de celle-ci. Il est mort en 2014, ayant largement dépassé l’âge de 27 ans, puisqu’il en avait 70. Avoir 27 ans n’était sans doute pas une malédiction en soi…

Et ce n’est pas non plus la lettre J qui porte malheur, car on trouve sur cette triste liste des légendes du rock le musicien Alan Wilson, fondateur du groupe Canned Heat, mort lui aussi à 27 ans, et aussi plus récemment Kurt Cobain et Amy Winehouse. Ce ne sont en effet ni le chiffre 27, ni la lettre J qui portent malheur, mais bien les cocktails dangereux, la fête permanente et sans limites, la violence extrême d’une enfance dévastée pour Kurt Cobain que rien n’aurait pu sauver, les néons trop vite allumés sur des personnalités trop fragiles comme Amy Winehouse

Elles sont deux, deux chanteuses au milieu de cette liste funèbre où s’inscrivent pour l’éternité les légendes du rock, deux femmes immensément talentueuses et qui n’ont pas surmonté les chocs de la vie, les écueils de la célébrité ou les soubresauts de l’amour. Elles me touchent particulièrement, par leur musique teintée de blues et authentiquement rock, par leurs voix chargées des tressaillements douloureux de leur existence, ce sont Janis Joplin et Amy Winehouse.

Mortes, l’une en 1970, l’autre en 2011, les deux à 27 ans, chacune laissant un vide sidéral dans la musique de notre époque, chacune nous racontant les épisodes interminables de vies égarées dans l’angoisse de lendemains qui cessaient de chanter quand la fièvre de la musique était retombée.

Les deux sont arrivées un jour sur scène en titubant, l’une à Woodstock, en 1969, au point qu’elle refusa de voir gravée sa prestation dans le film officiel du festival. Et pourtant, malgré son ébriété, sa nervosité et le stress que lui provoqua cette foule de fans à laquelle elle ne s’attendait pas, elle réussit à soulever le public dans un show inoubliable.

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de Janis… et d’Amy je vous parlerai un autre jour, et croyez-moi, je n’oublierai pas.

Piece of my heart

Cette immense chanteuse à la voix absolument inimitable est une sorte de fleur poussée sur le terreau méprisable et ô combien mortifère de ce que l’on n’appelait pas encore le harcèlement scolaire. Persécutée pour ses opinions en faveur de la communauté noire et son anticonformisme déjà prononcé dès les bancs de l’école du Texas qu’elle fréquenta, elle fut désignée par ses condisciples de l’université comme « le garçon le plus laid du campus », en raison de ses kilos en trop et d’une acné qu’elle tentera de soigner avec un traitement qui lui laissera de vilaines cicatrices.

S’ensuivirent d’autres surnoms comme pig (cochon), creep (monstre) nigger lover (fille à nègres) et toutes les persécutions que lui valut sa bisexualité revendiquée, son engagement politique et sa liberté affichée. Quant à son style vestimentaire volontairement outrancier, il fit à l’époque couler beaucoup d’encre : boas en plume, chapeaux de toutes formes, lunettes aux verres roses ou jaunes, chaussures dorées et vêtements bariolés ou pailletés, rien de tout cela ne pouvait plaire à la bonne société. Chacune de ses tenues exprimait haut et fort un besoin de s’affirmer envers et contre tout, contre la société américaine bien-pensante, contre les institutions coupables d’enfermer la femme dans une image conformiste qu’elle rejetait de toutes ses forces.

Janis Joplin en concert
Janis Joplin en concert

Des forces, au départ, elle n’en manqua pas, Janis, pour crier et chanter sa révolte, mais à vouloir cacher ses blessures, elle y laissa un morceau de son cœur brisé « A piece of my heart »

Cette chanson, Piece of my Heart, extraite de l’album Cheap Thrills sorti en 1968, vous pouvez l’entendre ici et même si la vidéo n’est pas de très bonne qualité, c’est un magnifique document, elle y crie « ne t’ai-je pas donné presque tout ce qu’une femme peut donner » et l’on y voit un public extasié l’entourant sur scène et dansant avec elle, dans une grande complicité… Quand on pense à ce que sont les concerts actuels dans des stades, on voudrait revivre ces moments d’une rare intensité !

Try (just a little bit harder)

Sa force intérieure vient avant tout de son désir de chanter le blues, depuis l’enfance où elle écoutait en boucle les disques de chanteuses comme Bessie Smith, son idole. C’est cette passion qui lui donnera l’énergie de quitter le Texas pour rejoindre la Californie, où elle se posera à San Francisco, en pleine époque de la beat generation, époque où l’on pouvait pousser la porte de tous ces artistes pour simplement partager un joint ou faire un « bœuf ». Désormais, dans cette atmosphère de contestation permanente, elle choisira de s’affirmer en revendiquant sa liberté sexuelle, jouera de son excentricité vestimentaire, et appellera à chacune de ses apparitions à la révolte contre « l’establishment ».

Mais en réalité hyper-sensible et timide, elle tombe très tôt dans l’addiction aux amphétamines, puis à l’alcool mêlé à l’héroïne, tentant quelques pauses mais retombant au rythme de ses aventures amoureuses et de ses rencontres. Car chacune de ses amours manquées brisera en elle quelque chose, et elle qui n’avait pas la résistance qu’elle prétendait montrer envers et contre tout, sombrera dans les faux paradis de l’alcool et de la drogue. Malmenée par les chocs de la vie, trompée, rattrapée par les passions et les chagrins de ses amours tumultueuses, elle ne survivra pas à l’abus de ces substances qui mineront son organisme jour après jour.

On lui prête des amours avec la moitié des musiciens de l’époque et pas des moindres, Jimi Hendrix, Leonard Cohen, Country Joe Mc Donald, Jim Morrison, Eric Clapton… On ne prête qu’aux riches, c’est bien connu, mais ce seront le plus souvent des amours d’un soir. Ses amours, impossible donc de les raconter tous, mais quelques-uns compteront plus que d’autres, comme Ron McKernan, musicien du groupe Grateful Dead. Rob surnommé « Pigpen » (un personnage des Peanuts), qui mourra 2 ans après elle, à 27 ans aussi.

Ce sont les drogues dangereuses, absorbées par doses de plus en plus conséquentes et accompagnées d’alcool, qui causèrent sa séparation avec son premier grand amour Jae Whittaker, qui la quitta lorsqu’elle commença à fréquenter Linda Gottfried, avec qui sa consommation prit un tournant irréversible. Elle tentera d’en finir avec la drogue, avec l’aide d’un de ses derniers amours, un jeune américain qui voulait l’emmener voyager à travers le monde, mais elle retombera dans l’héroïne et celui-ci finira par repartir sans elle.

Pearl

Portrait de Janis Jopli
Portrait de Janis Joplin en 1970

Deux albums resteront dans l’histoire de la musique rock comme deux chefs d’œuvres incontestés.

Tout d’abord, Cheap Thrills avec le groupe Big Brother and the Holding Company, incluant son extraordinaire reprise de Summertime, dans lequel sa voix fêlée et vibrante se hisse à des hauteurs inimaginables. L’album est célèbre aussi pour sa pochette dessinée par Robert Crumb, gloire de l’underground et symbole de la contre-culture pour ses dessins mettant en scènes des personnages et des situations généralement très crues. Ce qui est drôle, c’est que Robert Crumb, fan de blues, n’écoutait pas cette musique dite « psychédélique » mais qu’il sut pourtant mettre son talent au service de la musique de Janis dont il illustra chaque chanson avec un humour évident.

Lorsqu’elle quitte le groupe, en 1968, sa carrière est déjà lancée, elle a participé au festival de Monterey où elle souleva un public en transe devant sa prestation, de même qu’un an plus tard à Woodstock où pourtant, elle apparut en proie à une immense nervosité. Elle demanda même à ne pas figurer dans le film Woodstock, désir qui fut respecté jusqu’aux récentes rééditions, et c’est vrai que Woodstock sans l’émotion de voir Janis sur scène, quel vide…

L’album Pearl, enregistré avec le groupe qu’elle était si heureuse d’avoir formé, le Full Tilt Boogie Band en 1970 sera son dernier.  Classé parmi les 50 meilleurs albums de tous les temps par le magazine Rolling Stone, il lui vaudra – enfin – son plus joli surnom (avec The Rose), mais elle ne verra pas la sortie du disque, car elle mourra avant d’avoir enregistré tous les titres, d’où la présence d’un instrumental parmi les chansons gravées sur ce 33 Tours. Le morceau le plus connu est Me and Bobby Mac Gee, une chanson écrite par Kris Kristofferson (encore un de ses amours éphémères) et Fred Foster, qui fut d’abord interprétée par Roger Miller, mais elle reste associée pour toujours à l’interprétation de Janis Joplin, et les paroles auraient tellement pu être les siennes :

« Freedom’s just another word for nothing else to loose »
« La liberté, c’est juste un autre nom pour dire qu’on n’a rien à perdre… »

Si vous voulez entendre un de mes morceaux préférés, je vous donne le lien vers un enregistrement de la chanson Move over extraite de ce sublime album, ici

Janis, une perle, une rose dont les épines étaient tournées vers l’intérieur… Rest In Peace, Janis.

 

A bientôt, passez de bonnes fêtes, en musique surtout !
Corinne

Photos sous licence Creative Commons

Excentricité

Bonjour, bonjour,

En matière de mode, voilà bien longtemps que l’on n’entend plus personne prononcer ce qualificatif autrefois très utilisé par la « bonne société », et que j’ai tellement entendu pendant toutes mes années hippies : « excentrique ».

Il faut dire que les mots ont manqué à notre entourage social ou familial pour décrire nos tenues sorties à la fois de Carnaby Street, des souks de Marrakech pour les plus voyageurs ou de Barbès pour les autres, et des greniers de nos grands-mères. Je le jure, je n’ai aucune photo, sinon, je l’aurais partagée pour vous donner une idée de ce que pouvait être nos tenues dans les seventies !

Associant chemises de dentelle et pantalons à patte d’éléphants, manteau afghan en peau de mouton, divers accessoires tels que capelines noires et colliers indiens, nous avions de quoi heurter les sensibilités vestimentaires de la bonne bourgeoisie, et c’était en partie le but.

En partie seulement, car le plaisir de choquer un peu nos contemporains n’était qu’un aspect de la démarche, qui consistait plutôt à inventer une esthétique non conforme aux diktats de la mode, à trouver dans nos habits une source de plaisir esthétique fait de rêves de voyage et de nostalgie d’un monde perdu.

L’élégance n’en était pas exclue, puisque de cette tendance des seventies naquit le courant glam rock, et le goût immodéré de certains groupes pour des tenues de scène s’inspirant à la fois des plus beaux atours du Moyen-Age ou de la période romantique, le tout assaisonné de paillettes, de strass et de boas…

Mais après toutes ces années, à l’époque des magasins de chaînes et des looks standardisés sur Instagram, y a-t-il encore un espace pour l’excentricité vestimentaire ? La mode vintage est une des réponses à cette question…

Mode et excentricité

La mode, c’est un mot dans lequel on peut plonger pour en extraire toutes sortes de concepts, comme un immense dressing room duquel on sortirait alternativement vêtements effilochés et habits de soirée, tenues de sport et lingerie sophistiquée, panoplies de travail et robes de bal, à l’image d’une industrie qui fait travailler aussi bien les plus expertes des artistes brodeuses dans les ateliers de la maison Dior, et aussi – hélas – les ouvriers des pays pauvres dans des ateliers insalubres, pour le prêt à porter.

Défilé de mode
Défilé de mode coloré !

La haute couture, elle, fait profession de l’excentricité, les défilés de mode sont autant de spectacles où les limites sont sans cesse repoussées : limites du bon goût (mais que veut dire ce mot ?), limites de la suggestivité et de l’érotisme, limites de l’exploitation du corps par une industrie qui condamne sans aucun scrupule autant de jeunes filles à la torture de l’anorexie.

Mais vous lirez rarement dans les articles que les journalistes consacrent à ceux que l’on appelle les « grands couturiers » le mot « excentrique ». Pourquoi ? Parce que, présentés dans des mises en scène intensément théâtralisées, ces habits supposés « importables  » par le commun des mortels, ne sont de toute façon conçus que pour choquer ceux et celles qui n’ont et n’auront jamais les moyens de les acheter. Pas d’excentricité, juste un autre standard, celui de la haute société… Question de caste : il ferait beau voir que Monsieur ou Madame Toutlemonde aime les créations de Karl Lagerfeld !

Monsieur et Madame Toutlemonde s’habillent dans les boutiques des villes et des centres commerciaux. Autrement dit, rien d’original ne sort de ces magasins sans âme, et le premier qui a lancé le jean déchiré n’a pas fait preuve d’une grande créativité, seulement d’un vrai flair commercial. On ne peut qualifier d’excentrique quelqu’un qui sort en arborant un vêtement qu’on retrouve sur toute la planète à des millions d’exemplaires et sur des millions d’individus !

Excentricité et mode vintage

C’est ici que nous avons un peu de chance de faire preuve d’originalité dans notre shopping : dans les boutiques vintage, pas un habit qui ressemble à son voisin de cintre, aucun risque de ressortir habillés comme Monsieur ou Madame Toutlemonde. Là, on peut se livrer à tous les assemblages possibles, mixer un blouson à fleurs avec un pantalon à pinces, recouvrir le tout d’un manteau en faux léopard et sortir avec peut-être, enfin, un look réellement « excentrique ».

J’ai déjà écrit un article sur la mode vintage, je ne voudrais pas me répéter, mais quand même, c’est un drôle de pied de nez à l’une des industries les plus polluantes du monde. Un jean = 5000 litres d’eau + un ouvrier vivant 60h par semaine dans des produits toxiques qui iront polluer les eaux + un transport depuis l’autre bout du monde, vous voyez tout de suite le bilan carbone et éthique du vêtement !

Alors, acheter d’occasion, c’est un beau geste pour la planète, et on peut s’offrir de très belles choses dans les magasins comme Kiloshop ou les dépôts Emmaüs etc… le tout avec un budget serré.

Jeune fille cheveux teints et manteau classique
Mode classique et look excentrique !

Mes fils en particulier sont des adeptes depuis longtemps, ils y trouvent des articles d’une qualité comme on en faisait dans les années 50 et 60, pantalons de pure laine à la coupe impeccable, manteaux et blousons de toutes formes et styles, des chemises de coton aux imprimés improbables…

Je vois souvent dans ces boutiques des jeunes garçons un peu dandies, des jeunes filles au look rétro très recherché, il y a un aspect très ludique de toute évidence dans leur attrait pour cet univers de mode. Car là, même s’il y a effet de groupe, forcément, on voit bien qu’il s’agit d’échapper aux standards actuels et d’affirmer une authentique excentricité.

Excentricité et nostalgie

Si la catégorie vintage est plus celle des jeunes gens et jeunes filles, il y a aussi des nostalgiques, qui, pour s’être arrêtés à une époque vénérée ou à un rêve de jeunesse, continuent à arborer des tenues passablement « démodées », avec les coiffures assorties le plus souvent, car le cheveu est un accessoire de mode facile à adapter… Vêtues de robes à volants avec des boucles blondes à la Marylin, arborant des escarpins de toutes hauteurs avec des brushings à la Farah Fawcett des années 80, certaines femmes n’ont pas renoncé à ressembler à leurs idoles. Certes, j’exagère un peu, et cela concerne des générations plus anciennes mais quand même, combien d’entre nous ont-elles encore dans leur placard au moins une robe qu’elles ne jetteraient pour rien au monde parce que Jennifer Aniston avait la même dans un épisode de Friends ?

Homme avec chapeau de cowboy
Arrêt sur image années 70

Idem pour les hommes, et d’ailleurs, si j’en crois un petit sondage récent auprès de mes amies, on a toutes trouvé que nos hommes s’étaient un jour arrêtés à un stade précis de l’évolution de la race humaine en matière vestimentaire 😉

Allez, je vous fais une petite confidence, dans mon placard, il y a une tunique qui ne déparerait pas dans un épisode du Seigneur des Anneaux, et je la garde comme Frodon son anneau. Je lui ai même donné un nom c’est « My precious » …

Nostalgique, excentrique ?

Je partage aussi avec vous cette photo d’une dame assise en face de moi dans l’autobus, je l’ai prise discrètement et bien sûr, je ne montre pas son visage, mais j’ai été absolument surprise par sa tenue qui contrastait tellement avec les sages panoplies bleu marine et beiges des bourgeoises angevines que je n’ai pas pu m’empêcher de la prendre en photo. Et croyez-moi, j’ai essayé de deviner quelle était sa vie, (un de mes passe-temps préférés dans les transports en commun) et je me suis sentie touchée par tant de recherche dans cette mise tout à fait anachronique. Je crois qu’il s’agissait d’une réelle excentrique, au bon sens du terme, quelqu’un qui s’affirme dans ses goûts, qui se moque du qu’en dira t-on et se sent belle dans des habits qui ne reflètent que sa propre personnalité.

Cela m’a touchée, je ne saurais trop expliquer pourquoi, peut-être parce que je m’imagine ce genre de personnes comme des rêveuses, des voyageuses de toujours, des esprits libres.

Soyons libres, libres de nous habiller comme nous voulons, voilà ma tendance mode hiver 2018-2019 ! Que ce soit une belle saison pour vous,

Amitiés,

Corinne